The Seven-Day Weekend de Ricardo Semler ou comment réorganiser son entreprise pour tendre vers l’Entreprise 2.0

Si j’insistais sur des heures de travail standards, je sacrifierais sans doute une part non négligeable du potentiel des employés. En encourageant l’uniformité, je perdrais de la productivité. [Ricardo Semler]

7dayweeksemler(crédit photo)

Avant toute chose, il est important de rendre à César, ce qui appartient à César et à Bertrand ce qui appartient à Bertrand! Car, oui, ce livre m’a été chaudement conseillé et recommandé par Bertrand Duperrin, qui distille pensées pertinentes et analyses stratégiques sur l’entreprise (et surtout sur l’Entreprise 2.0), le management, la collaboration et les réseaux sociaux sur son blog éponyme.

Et ce fut vraiment une très bonne lecture, un premier pas vers les concepts d’Entreprise 2.0

NDA : D’ailleurs, si j’arrive à intercepter Bertrand quelques minutes, je suis certain qu’il sera ravi de partager avec vous son opinion sur le livre de Semler et le lien avec l’Entreprise 2.0.Je vous tiens au courant…

ricardo-semler

(crédit photo)

Ricardo Semler est le CEO de la compagnie brésilienne – basée à Sao Paulo – Semco SA, qui en quelques années est passée d’une petite PME de 4 millions de dollars US de CA (1982 – source Wikipédia) en une multinationale de 212 millions de dollars US (2003 – source Wikipédia)  au taux de croissance à deux chiffres et ce, depuis plus de 15 ans.

Comment me direz-vous? Simplement, en changeant les paradigmes en place et en positionnant l’humain au centre de l’entreprise : en leur faisant confiance et en leur donnant la possibilité de s’auto-gérer.

Tout est dans le titre, en fait : partant du principe que la frontière entre vie personnelle et vie professionnelle est parfois chahutée et que la charge de travail demandée est sans cesse croissante, Ricardo propose à ses employés de récupérer une partie de ce temps perdu au travail.
Pour vous donner quelques idées de ces changements, chez Semco SA, on fait vraiment les choses différement car :
– Les employés établissent leurs propres horaires de travail, ainsi que leur positionnement géographique (ah les joies du télétravail…Et pour tout vous dire, suite à l’un de mes déjeuners avec Damien Joliot, qui est responsable des projets RH chez ING et Julien Martel, CEO de Stonefield, je reviendrais sur ce point particulier qui fut abordé de manière très intéressante…)
– Les employés choisissent leurs salaires (ou du moins la clef de répartition en fonction de leurs heures et leurs bonus)
– Toutes les réunions sont ouvertes à tous et basées sur le volontariat.
– Les employés notent leur patron deux fois par an et tous les scores sont publiés.
– Les employés peuvent travailler sur les projets qu’ils souhaitent ainsi que sous les ordres du patron de leur choix.

Cependant, l’un des points que je souhaite souligner (en ces temps de contestations autour des retraites) est justement autour du système de retraites : un employé peut partir en retraite, s’il le désire, et ce, quelque soit son âge; à condition, qu’il accepte de revenir dans l’entreprise pendant plusieurs années, de manière ponctuelle et agréée.

retraite_horizon_lointain(crédit photo)

Je vais reprendre les mots de Bertrand sur ce sujet, que je trouve fort justes : « L’individu jeune est content car il aura plus de temps libre et ne se sentira pas inutile passé un certain âge; ce qui, de plus, lui assure un supplément de revenus pour ses vieux jours. L’entreprise capitalise ainsi le savoir-faire de ses seniors qui reviennent enseigner aux plus jeunes et permettent donc la continuité dans la culture d’entreprise. »

Qu’ajouter? Brillant, n’est-ce pas?

Pour revenir sur le livre, c’est sans l’ombre d’un doute, l’un des plus importants et des meilleurs livres autour du management, du changement et de l’organisation que j’ai pu lire.
Il est plutôt simple et plaisant à lire, avec des exemples, sans lien avec les outils mais avec un focus particulier sur les concepts et les idées.
Chacun d’entre nous est capable de digérer puis d’utiliser ces idées innovantes, pragmatiques et pertinentes, pour atteindre une forme d’excellence.

Pour reprendre l’expression d’un de mes collégues (Guilhem, pour ne pas le citer), le livre est en outre, 100% no-bullshit (et sans jargon MBA-esque également)

Donc mon seul conseil est : Lisez-le, sans hésitez!!!

PS : Vous pouvez le trouvez dans la libraire que je viens de mettre en place, dans la section des livres anglophones ou simplement en cliquant sur le titre suivant : The Seven-day Weekend: A Better Way to Work in the 21st Century

PPS : Et si vous voulez approfondir vos connaissances sur l’Entreprise 2.0, les deux références en France, en ce jour, sont sans aucun doute, Bertrand Duperrin et Anthony Poncier (dont les présentations sont une mine d’informations, avec une visée pédagogique excellente), que vous retrouverez dans ma blogroll.

  1. Bonjour Jean Noël,

    merci pour la citation de fin, ça me touche. Tant mieux si cela est une vraie aide, mon blog est là pour cela, partager

    Anthony

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  3. @Anthony : merci de ton commentaire et d’avoir partagé l’information. As-tu lu le livre de Semler? Qu’en as-tu pensé? A bientôt et merci encore pour tes partages!

  4. Ping : Twitted by IanGon
  5. J’ajouterai une autre phrase forte de Semler : « apprendre a demander pardon plutôt que demander la permission »

  6. @Bertrand : Merci de ton ajout, qui est très intéressant. Bon, on doit se trouver une date pour parler du livre en face à face, aussi!! 🙂

  7. Ping : Twitted by cath_woman
  8. Il y a quelques années (5-6 ans), Capital ou Zone Interdite avait fait un reportage sur Ricardo Semler. Ca m’avait vraiment marqué et j’avais fait des recherches sur lui…
    Je suis content d’apprendre l’existence de ce livre, que je vais ajouter à ma (longue) liste de lecture 😉

  9. @Bertrand >> j’aime beaucoup cette phrase!!! vraiment beaucoup et elle va bien au-delà de son sens apparent!!

    @Anthony >> je confirme! ton blog est une mine d’infos!

    @JN >> l’auto-gestion… c’est un concept très anarchiste ça 😉 et pourtant inscrit là dans une vision entrepreneuriale… Pour que ce type de modèle se propage et perdure, ne faut-il pas un contexte culturel (et non pas seulement politique) qui s’y prête?

  10. @Siebmanb : Sans hésiter! #Lecture 🙂

    @Alex : Je vais essayer de rechercher cette émission. Si par hasard, tu la trouves, n’hésites pas à me la faire suivre car ce pourrait être assez intéressant. Et je suis toujours sur le coup pour la vidéo de Bertrand sur le Livre 🙂

    @Catherine : Excellente question! Je n’ai pas assez de recul sur le sujet mais je vais creuser car c’est intéressant de savoir si ce modèle peut perdurer et ce, quelque soit l’environnement culturel. Merci!!

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