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N’abandonnez pas…


Ne pas abandonner ce que l’on veut le plus pour ce que l’on veut tout de suite.

Mais savons-nous toujours ce que nous voulons vraiment ?

Nos désirs immédiats sont simples à comprendre mais souvent éphémères.
Nos désirs profonds sont complexes et souvent effrayants.

Et cela demande du courage, beaucoup de courage même, pour assumer cette complexité et affronter nos peurs !

Ce monde ne se préoccupe-t-il que des vidéos de chats ?

– Et vous pensez que ces délires sur Internet vont changer quelque chose ?

– Les gens recherchent la vérité, peu importe où ils la trouvent.

– (…) Ce monde autour de nous, ne se préoccupe que des mariages de stars et des vidéos de chats.

Mais les questions complexes, les sujets qui comptent exigent trop de concentration.

Autant de temps qui ne pourrait être consacré aux SMS (…)

[Daredevil, S01E12]

Systèmes complexes? Pensée systémique? Encore un jargon scientifique?

De manière simple, la réponse est : plus ou moins.

 

Il s’agit en effet d’un mouvement scientifique qui a pour but de changer de vision du monde pour ne plus le voir de manière simpliste (une cause = un effet), mais d’adopter une vision plus proche de la réalité… complexe.

Pour information, j’ai fait un article détaillé sur le sujet ici : Adopter la pensée systémique et entreprendre efficace. J’y ai également fait une vidéo tutoriel : http://youtu.be/CyHQc5mlgh8.

Ce courant a été développé pour proposer une alternative au cartésianisme qui  a pour but, comme le disait Descartes, que l’Homme devienne « comme maitre et possesseur de la nature ». En d’autres termes, l’idée est de changer de vision du monde : passer d’une vision où on le maitrise et le domine à une vision où on fait partie de ce monde dans lequel on essaie de s’adapter. La pensée systémique consiste à voir le monde comme un ensemble de systèmes et de sous systèmes.

Mais concrètement, qu’est ce que cela veut dire pour l’entrepreneur ?

Imaginez que vous gérez une société de services aux entreprises.
Essayons de voir ensemble à quoi pourrait ressembler votre point de vue « cartésien » et votre point de vue « pensée systémique ». Et pour poser le cadre, imaginons que vous fassiez face à un problème que vous voulez résoudre : un client mécontent se plaint auprès de votre commercial.
Vous voulez calmer le jeu en réduisant le mécontentement de ce client, ou encore mieux, en le rendant satisfait malgré tout.

Voici un exemple de résolution de ce challenge avec un point de vue cartésien (qui est très raccourci et non-exhaustif pour que l’article reste digeste) :

* 1ère étape : vous recherchez LA cause du mécontentement de votre client. Pour se faire, vous allez lui poser une question claire et précise pour qu’il vous dise l’élément déclencheur de son émotion.

* 2ème étape : vous réfléchissez à « comment » surmonter ou corriger cette cause qui est à l’origine de ce problème. S’il vous à dit que vous avez été trop long pour prendre en compte sa demande, vous allez concentrer l’énergie et l’attention de votre équipe sur ce client pour qu’il redevienne satisfait.

* 3ème étape : pour corriger ce problème, vous motivez et mobilisez votre équipe pour s’occuper de ce client en priorité.

* 4ème étape : le client est satisfait car il s’est senti important.

* 5ème étape : 2 nouveaux clients arrivent insatisfaits, car ils ont été délaissés suite à premier problème … retour à la case départ.

Que c’est-il passé d’un point de vue systémique ?

Le client a son propre vécu. Il a pu avoir passé une journée terrible et est sur les nerfs et donc impatient. En tout cas, son impatience et son énervement ne sont peut-être pas uniquement liés à votre service. Le client vit dans son propre système et est donc influencé par de multiples facteurs, pas uniquement les facteurs de votre système à vous.
Il ne s’agit alors peut-être pas de LA cause, mais d’une DES causes de son problème.
Autrement dit, il y a plusieurs causes pour une conséquence.

Bien entendu, vous n’êtes pas psy et ne ce n’est pas votre travail de vous intéresser à la vie de vos clients. Mais garder cela en tête pourrait vous faire prendre du recul sur vos décisions, qui pourront avoir d’autres impacts que vous n’avez pas prévus.
Par exemple, votre décision de concentrer vos troupes sur un seul objectif a eu comme impact d’autres conséquences.
Une décision pas très engageante à priori pour vous, mais aux conséquences importantes : c’est ce que l’on appelle l’effet papillon, qui est une des composantes les plus importantes des systèmes complexes.

Pensez au film l’effet papillon justement.

Votre décision a eu plusieurs conséquences : un client satisfait, mais aussi deux autres clients insatisfaits. En somme, une cause pour plusieurs conséquences. Pour résumer  l’approche par systèmes complexes j’écrirais : une action peut découler de plusieurs causes différentes et une action peut engendrer plusieurs conséquences différentes.

Adopter cette approche, c’est ouvrir son champ de vision, son champ d’actions.

Il est peu, voire pas possible, de tout maitriser dans un système, même s’il s’agit de votre entreprise. En revanche, vous pouvez essayer de l’influencer en le cherchant à le comprendre dans sa complexité.

[Jérôme Hoarau – blogueur, entrepreneur et formateur – a lancé Pourquoi-Entreprendre et partage tous les mois, avec nous, ses avis et ses réflexions sur l’entrepreneuriat]

[Management de Soi] La solitude du manager : un prix à payer?

La solitude vivifie ; l’isolement tue. [Joseph Roux]

Solitude_Du_Manager

Des événements parfois dramatiques ont conduit récemment les médias à mettre en lumière la question de la « solitude du manager » dans les entreprises.

Une situation délicate à assumer, une mauvaise nouvelle à annoncer, une décision difficile à faire passer et voilà notre manager seul devant l’adversité, prêt à basculer dans le désespoir.

Aux yeux de l’opinion, un terme tel que « solitude » évoque a priori l’accablement, la fuite, l’isolement ; pourtant la solitude est une caractéristique du manager, un signe évident de son autonomie.

La solitude est à ce point caractéristique du manager qu’elle est fréquemment modélisée, « organisée », comme le montrent de nombreux exemples historiques, tel celui du débarquement du 6 juin 1944.

Debarquement_6_Juin_1944

En 1943 les alliés décident d’ouvrir un front à l’ouest pour prendre l’armée allemande à revers.

L’ouverture de ce nouveau front implique un débarquement massif d’hommes et de moyens en Europe occidentale. Cette opération gigantesque, baptisée Overlord, relève à la fois de la construction des pyramides pour sa logistique et de la tour de Babel par la diversité de ses participants. Les États-Unis, principaux contributeurs de l’opération, en exigent la direction, suscitant l’irritation des autres partenaires de l’alliance, en particulier l’Angleterre.

Dans ce contexte tendu, une personnalité émerge : le général Eisenhower est réputé pour sa science de l’organisation et du mouvement des troupes.
Fin analyste, homme d’écoute, son sens de la diplomatie est reconnu et apprécié. Autour de ce personnage consensuel les Américains vont imposer aux alliés une organisation qui permettra au général Eisenhower d’exercer une autonomie totale sur un objectif : réussir un débarquement en Normandie.
Eisenhower surmontera ainsi tous les obstacles dressés volontairement ou involontairement devant lui par ses propres pairs jusqu’à la dernière minute. Les dernières 48 heures sont éprouvantes. Les participants aux ultimes réunions d’état-major sont clairement en retrait ; Eisenhower devra bien décider seul, ce qu’il finit par faire en prononçant dans un silence sépulcral la célèbre phrase « Ok, let’s go ! »

Dans les 30 secondes qui suivent, Overlord est déclenchée. Chacun part rejoindre son poste, laissant alors le général réellement seul, mais avec sa mission enfin achevée.

Comme Eisenhower, le bon manager doit revendiquer sa solitude devant la complexité des situations plus qu’il ne doit s’en plaindre.

Et vous, savez-vous être inspiré par la solitude?