Trouver son Modèle avec peu de Capitaux!

« Plus vous avez initialement à votre disposition de capitaux, moins vous êtes intrinsèquement poussé à d’abord bétonner à fond votre modèle ». [ Michel de Guilhermier in MdG’s Blog ]

capitaux(crédit image)

 Cet article fait écho (tout en reprenant le titre) aux articles de Michel de Guilhermier (ici et ici) sur l’importance de se focaliser sur le business-model de sa création et non pas uniquement sur sa levée de fonds!

Pour mémoire, Michel est le fondateur de Photoways et d’Inspirational Stores

Selon Michel, le Bootstrap – qui est le mécanisme de financement limité lors d’une création – est « du pain béni, car cela force nécessairement à se décarcasser pour trouver le modèle percutant, […] (pour être) rentable. »

Il rebondit dans son second article sur le fait que « trop de capitaux amoindrissent la créativité » et donc, que le Bootstrap est un push au MacGyver-isme créationnel (Comment colmater une fuite d’eau avec un chewing-gum? Comment sortir un produit agréé en moins de 9 mois? Comment débaucher des rédacteurs techniques, prêts à passer tous leurs dimanches à écrire sur des dossiers juridiques, pour un Milky-Way?).

Son point est relayé (et appuyé) par un VC qui associe le fait d’avoir trop d’argent avec la mort de « l’instinct de survie » et nous savons tous ce qui se passe quand on perd la gniak  et l’oeil du tigre! 🙂

Guy Kawasaki est également un fervent aficionado du Bootstrap!

A méditer lors de l’écriture des business-plans et autres prévisionnels de trésorerie ou calcul de BFR !

Et vous, quelles sont vos expériences de Bootstrapping?

« Raconte moi une histoire… » ou les prémices du Storytelling

« Lorsque la légende devient un fait établi, on imprime la légende » (extrait du film « Qui a tué Liberty Valance », in Storytelling de Christian Salmon)

reading (via pedrosimoes7)(crédit photo)

Pour casser un peu avec la routine entrepreneuriale (bien que ce ne soit pas une réelle rupture), j’inaugure une nouvelle catégorie sur ce blog pour vous parler de Storytelling.

Et avant de rentrer dans les détails techniques, définitions et autres concepts, vous permettant de dénouer le nœud gordien qu’est le Storytelling (et surtout de savoir comment vous en servir dans vos entreprises diverses et variées !), je vais parler d’un exemple : celui de Bic.

Tout le monde a déjà mâchonné un stylo crystal Bic, au moins une fois dans sa vie, non?
Voici donc une petite pépite vidéo, signée Bic, pleine d’humour et de dérision.

[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/x1yinh_bic-bac[/dailymotion]

On sourit tout d’abord face à ces candidats très (trop !) créatifs puis on se la repasse, on en parle autour de soi, on diffuse, en rigolant franchement…

Le message est clair : « Assure au moins à l’écrit ! » grâce à Bic !

Cette campagne au format non traditionnel prend tout son sens, si l’on commence à parler de Storytelling (i.e. de l’art de raconter des histoires) et de marketing viral.

Le Storytelling puise sa source dans l’Antiquité (L’Iliade et l’Odyssée d’Homère), passe par les contes de Charles Perrault (Le Chat Botté, Le Petit Poucet…), des frères Grimm (Le Chaperon Rouge…) ou Walt Disney (Les Trois Petits Cochons…) et prend toute sa raison d’être dans le marketing, la publicité et la politique.

Avant de détailler plus dans le temps à venir, je vous laisse entre les mains d’un expert ès Storytelling : Christian SALMON et ne peux que vous conseiller son livre Storytelling, la machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits, sur lequel je reviendrai plus amplement.

storytelling_c_salmon(crédit image)

EIRL : Un nouveau statut d’entreprise pour les Entrepreneurs Individuels

« L’ambition individuelle est une passion enfantine. » [Charles de Gaulle]

camera-cafe-solo(crédit photo) : « Travailler en…Solo » 🙂

Annoncée (par le premier ministre) le 3 décembre 2009 et entérinée (par le Conseil des Ministres) ce 27 janvier 2010, la création à partir du 1er janvier 2011 d’un nouveau statut d’entreprise : l’Entreprise Individuelle à Responsabilité Limitée (EIRL).

Et l’objectif est simple et concis (et non pas simple et stupide) : laisser l’entrepreneur « décider lui-même du niveau de risque qu’il souhaite assumer sur ses biens propres, sans avoir pour autant à constituer une société ». (Hervé Novelli)
Ce qui, concrètement, permettra d’éviter aux entrepreneurs individuels, en cas de faillite de leur activité, de répondre de leur dette professionnelle sur l’ensemble de leur patrimoine personnel.

En quelques points clairs, passer au statut d’EIRL permettra à l’entrepreneur individuel, artisan ou commerçant:

1. D’être sous un régime fiscal et social identique aux EURL, i.e. impôt sur le revenu ou impôt sur les sociétés

2. De séparer de manière claire son patrimoine personnel du patrimoine affecté à l’exercice de son activité professionnelle.
Ainsi, le commerçant (resp.l’artisan) exerçant sous EIRL, devra déclarer au Registre du Commerce (resp. la Chambre des Métiers) son patrimoine professionnel – qui pourra donc être saisi en cas de défaillances, pour remboursement de dettes professionnelles –  et donc rendre insaisissable sa résidence principale et ses biens immobiliers!

3. D’être soumis au plafonnement de la part de rémunération bénéficiant du régime social des dividendes à 10 % de la valeur du patrimoine affecté ou du bénéfice.

 Dernier point: il sera tout à fait possible de choisir un statut dEIRL, lors de la création de l’activité ou d’en changer en cours d’activité.

La conclusion revient à Yves Broussot (Président de la Chambre de Commerce du Loiret ) qui, soutient cette mesure en tant que  « nouvelle avancée […] pour des hommes et des femmes qui prennent des risques souvent sous estimés du grand public […] ces prises de risques ne doivent pas être « paralysantes » et je salue en cela le projet de création de l’EIRL. » (source : Blog du Président de la CCI du Loiret)

Prochaine étape : le passage à l’Assemblée Nationale, le 17 février 2010

[MAJ 18/02/2010] : Le statut EIRL, pour les  Entrepreneurs Individuels, est validé!
Et pour ceux qui veulent creuser le point, voici le discours d’Hervé Novelli sur la création de l’EIRL

Tags: ,

Etre Entrepreneur, ce n’est pas être un « Patron »?

A l’initiative de Bruno et de sa « semaine spéciale », j’expose mes réflexions sur Etre Entrepreneur ce n’est pas être « Patron », sur son blog? (D’ailleurs cet article n’est qu’une reprise de l’article posté chez lui)

Sujet interpellant au départ mais ô combien pertinent en le creusant un peu !

Lançons le débat par une petite devinette !

Qu’ont en commun la couture, l’informatique et la navigation de plaisance?

Facile… Tous ces domaines techniques, à l’instar des grandes entreprises et des startups, comportent tous, la notion de patron!

***

Pour la couture, un patron est un modèle, un plan, qui va ouvrir la voie à la réplication.

Sans conteste, l’entrepreneur est celui qui monte en tête, qui prend les risques, qui est le premier de cordée . Il est celui qui trace le chemin, qui fait les choses autrement, sans crainte de bousculer les idées reçues; celui qui affronte les rires et les quolibets (tel que l’initiative des entrepreneurs vus dans jesuisunclown.com) , sans ciller, sûr de ses objectifs!

patron_chemise(Credit photo)

Pour l’informatique, un patron de conception (design pattern, pour nos amis geeks) est une façon de coder reconnue pour apporter robustesse et cohérence.

De même, l’entrepreneur se doit d’être un patron (donc robuste et cohérent) pour tenir face aux refus des investisseurs ou des banquiers, face aux complexités administratives (cf. Astérix et ses 12 travaux), face au principe de réalité qui empêchent les rêves de s’épanouir…

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=c45FtDhdDoY[/youtube]

Et enfin, pour la navigation de plaisance, un patron est le commandant d’un petit bateau soit un skipper (en bon français!)

L’entrepreneur, tout comme le skipper, est celui qui tient la barre et contrôle la voilure! Une seule cible et s’y consacrer entièrement, maîtriser au mieux l’environnement (parfois hostiles), faire corps avec son équipe et croire en son potentiel. Peu de différences entre un skipper se lançant à l’assaut de l’America’s Cup et un entrepreneur lançant sa startup !

skipper(Credit photo)

Donc, OUI, être un Entrepreneur, c’est être un patron mais celui avec un petit p, celui du sens technique.

C’est celui qui met la main à la patte – voire celui qui fait le ménage, celui qui guide et n’est pas effrayé de monter en tête, celui qui est robuste et cohérent face à ses pairs et à l’adversité, celui qui est le skipper de son entreprise!

Et vous, qu’en pensez-vous?

Des bienfaits de l’enseignement pour un entrepreneur (et les autres!)

“We don’t need no education
We don’t need no thought control
No dark sarcasm in the classroom
Teacher leave them kids alone
Hey teacher leave them kids alone”
(Pink Floyd – Another Brick in the Wall)

Depuis bientôt 4 ans, j’enseigne en écoles (ingénieurs, universités…) et en entreprises, différentes matières liées à mon parcours professionnel, telles que: Management de Projets Internationaux, Méthodologie d’Entrepreneuriat et Stratégie d’Entreprise.

Et étonnement, passées les heures de préparation et la peur de se retrouver devant 138 Esprits Rebelles, je me suis mis à vraiment aimer enseigner, partager des anecdotes et conseils, répondre à des questions sur des sujets jugés (arbitrairement!) évidents, échanger sur certaines expériences….

D’où ma question : « Enseigner, ne nous permettrait-il pas d’être plus efficace en tant qu’entrepreneur ? » 

cercle-des-poetes-disparus-1989-01-g (crédit photo : toutlecine.com)

Il est clair que certaines qualités nécessaires à un enseignant (formateur, présentateur…) sont également des qualités de base pour un entrepreneur.

Après tout, un entrepreneur n’est-il pas un enseignant permanent (sur lui-même, sur son produit ou service, sur ses choix…) et avec des audiences différentes (ses pairs, ses clients, ses investisseurs…)?

Donc, voici quelques points communs à ces deux mondes : 

–         L’engagement.
Enseigner (former, transmettre…) est avant tout une communication bilatérale: si vous n’êtes pas engagé pleinement, restez chez vous ! Et si votre public n’est pas engagé, tous vos efforts ne serviront à rien. Vous devez intéresser votre public, faire en sorte qu’il soit enthousiaste, excité par ce qu’il va apprendre. Connais-toi toi-même et connais ton audience !

–         L’adaptabilité
Savoir réagir aux questions les plus machiavéliques (ou innocentes!), adapter son discours au niveau de son public, muter vers des exemples plus parlant pour eux.

–         La clarté
Qui n’est jamais tombé sur un exercice simple qui a été rendu plus que complexe par un énoncé sombre et brouillon ?
Souvent les gens compliquent les choses pour paraître plus intelligents donc soyez plus fins et simplifiez-les !

–         La détermination
Votre public a besoin d’une cible, d’objectifs clairs et définis. Si votre enseignement est trop vague ou abstrait voire conceptuel, votre public se perdra.

–         L’inspiration
N’est-ce pas la plus belle des victoires que de voir se révéler le talent endormi d’un étudiant proche du radiateur (ou d’ailleurs !) ? Repensons au film de Peter Weir : Le Cercle des Poètes Disparus (voire Le Sourire de Mona Lisa, pour les fans de Julia Roberts) pour inspirer notre public !

Et vous, pensez-vous que l’enseignement puisse aider à l’entrepreneuriat?

La perception de l’échec en France ou le succès frappe à la porte des êtres résilients

« Beaucoup rêvent de succès. A mon sens, le succès ne peut être atteint qu’après une succession d’échecs et d’introspections. En fait, le succès représente 1% de votre travail qui comporte lui, 99% de ce qu’on peut appeler échec.» [Soichiro Honda]

 

echec

(crédit image)

Je rebondis (avec certes quelques jours de retard) sur l’article de Guilhem Bertholet qui de manière ironique met en avant l’importance des échecs et surtout, le caractère formateur de ces derniers.
Il soulève un point intéressant sur l’appréciation des expériences (et en particulier, les négatives) dans le système professionnel français.

Pourquoi l’échec est-il si mal perçu en France ?
A contrario d’autres pays (souvent ceux de culture anglo-saxonne) qui les valorisent et les intègrent dans un parcours.

Guilhem conclut sur la discrimination positive et l’assumation de ses échecs.

Pour ma part, j’insisterais un peu plus sur la question qui n’a pas été posée (ou de manière implicite) à ses futurs discriminés : « Et aujourd’hui, à situation égale, que feriez-vous ? »

Car la clef du succès est bel et bien là : dans cette capacité à rebondir, à transformer ses échecs en leçons d’apprentissage (cf. l’entraînement d’un marathon), à être résilient – au sens physique du terme : capacité d’un matériau à reprendre sa forme suite à un choc.
Quoique le sens psychologique, introduit par Boris Cyrulnik pourrait aussi fonctionner ! A ce sujet, vous pouvez vous essayer sur le sujet via Les vilains petits canards du-dit Boris.

Peut-être faudrait-il introduire dans le système scolaire français (voire dans le système éducatif, au sens large) différentes notions telles que : la non-importance des erreurs, la transformation active des échecs, la valorisation des personnes (nous ne sommes pas ce nous que nous avons fait ou échoué), la définition sociale (autre que sa place dans une entreprise) ?

Qu’en pensez-vous ?

Pour ma part, je conclurai, en disant : faites des erreurs ! Et surtout, apprenez à les surmonter…et à transformer l’essai !

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=_tjYoKCBYag[/youtube]