La Valeur Actuelle Nette ou comment choisir rationnellement d’investir dans une startup

« Si l’on n’investit pas sur le long terme, il n’y a pas de court terme. » [Georges David]

relation-entrepreneur-investisseur(crédit image : Ph. Pélissier)

Tout un chacun s’est un jour posé (ou se posera) la question : « Comment puis-je devenir riche ? »

Bien sûr, on peut se tourner vers les livrets A, CODEVI ou autres plans d’épargne tranquilles ou placer un peu d’argent en Bourse, sur des actions plus ou moins agressives, des matières premières plus ou moins rares…

Mais investir sur un projet auquel on croit, tout en permettant le développement d’une société voire de la Société, pourrait être la clef d’un bien-être tant financier qu’humain.

Et c’est le pari que font quotidiennement des centaines de personnes dans leurs choix d’investir dans des startups.

Hormis l’intérêt du projet, comment savoir que l’investissement effectué sera bel et bien rentable ? Sur quels critères doit-on se baser pour augmenter au plus le ratio {Risque sur  Récompense} ?

6a00d83451b31569e2011570e3ee7e970b-800wi

Le ratio Risque/Récompense est un concept développé par Seth Godin qui souligne la possibilité de doubler la récompense en augmentant d’un peu les risques.

Bien investir dans une startup est synonyme d’investir dans une startup rentable ; ce qui nécessite une méthodologie stricte (pour définir au plus juste la rentabilité économique) quant à la décision.

Il existe plusieurs critères : taux de rentabilité annuel moyen, taux de rentabilité interne, délai de récupération et le plus couramment utilisé : la Valeur Actuelle Nette (VAN) [et pour les plus anglophones d’entre vous : NPV – Net Present Value]

Par définition, c’est un flux de trésorerie représentant l’enrichissement supplémentaire d’un investissement par rapport au minimum exigé par les apporteurs de capitaux.

van

Avec CF : valeur actualisée du flux monétaire // ta : taux d’actualisation // I0 : investissement du départ.

En clair, un VAN positive, indique que la startup dégage plus de flux monétaire que demandé par l’investisseur. Et dans le cas contraire, elle lui fera perdre de l’argent.

Au préalable d’un calcul de VAN – reposant sur une comparaison de flux d’argent disponibles à des dates différentes – il est important de bien comprendre la notion de taux d’actualisation ; car, un euro aujourd’hui n’aura pas la même valeur dans quelques années.

Actualiser, c’est transformer une valeur future en valeur actuelle.

Il s’agit du rendement espéré sur l’argent investi dans la startup. Plus le risque est grand et plus le taux d’actualisation est élevé ; i.e. la valeur actuelle d’une recette future est d’autant plus faible que le taux d’actualisation est plus élevé.

Le taux d’actualisation est subjectif puisqu’il traduit la manière dont une personne appréhende le futur.
On parle également de taux de rentabilité exigé.

vanxls

A partir de la période 5, la VAN devient positive, donc le projet est rentable.

***

En tant qu’investisseur, la VAN permet de comparer plusieurs projets.
Dans le cas où deux startups ont des demandes en capitaux initiaux identiques et des horizons temporels comparables, il est possible de sélectionner la startup la plus rentable économiquement, grâce à ce calcul.

En tant que startup, il est également très intéressant de fournir (en annexe de votre plan prévisionnel de trésorerie) votre calcul de VAN.
Cela permettra de prouver que vous connaissez les règles du jeu financier, que vous avez su prendre des hypothèses (qui pourront certes être challengées) pour étayer la vision financière de votre projet et que vous avez déjà réfléchi aux conditions de rétribution des vos investisseurs – et pour ça, ils vont vous adorer…

Et vous, avez-vous déjà essayé?

KISS et le rasoir d’OCCAM ou l’art de la simplicité des offres de service

« La simplicité est la sophistication suprême. » [Léonard de Vinci]

casse-tete.1233849478

Entendu au cours d’une conversation, avec une start-up:
« Je propose un choix d’offre bien plus large que la concurrence, avec une segmentation de mon offre tant sur le plan technique que sur le plan marketing. J’envisage, pour commencer, 6 formules : Formule Basic / Formule Premium / Formule Silver / Formule Gold / Formule Diamond / Formule Platinium.
Et je devrais doubler ces offres au bout de la premiére année. Qu’en penses-tu ? « 

« Hm! Comment dire… »

A ce point soulevé, je ne peux répondre qu’un argument : S-I-M-P-L-I-C-I-T-E et l’illustrer, au choix, selon la langue par deux concepts,que sont :  KISS ou le rasoir d’OCCAM.

zen-galets-pierres-plages-biarritz-france-6365167499-848404(crédit : Coralie SAUDO)

Commençons par la langue de Moliére est parlons un peu de William d’OCCAM.

C’est un philosophe du XIIe siècle, qui considère que l’on introduit de la complexité dans tout problème, même si cela n’aide pas à le résoudre.
Le rasoir d’Occam est un principe de raisonnement, qui repose sur l’idée qu’il faut toujours rechercher la solution la plus simple possible (donc éliminer le superflu) et utiliser celle-ci en premier lieu, car dans la plupart des cas, cette solution est la meilleure.

D’où la formule : « Les entités ne doivent pas être multipliées par delà ce qui est nécessaire»

L’application du rasoir d’Occam pousse à mettre en avant la simplicité et la clarté comme des critères majeurs de sélection ou de rejet d’une solution possible.

Certes, le choix le plus simple n’est pas forcément le meilleur, mais du fait de sa simplicité, il a plus de chance de résoudre le problème posé de façon satisfaisante et avec succès.

Continuons par la langue de Shakespeare  est parlons un peu de KISS.

Kiss_Paris_-_Bercy_20080617(Crédit : les éternels)

Non, je ne parlerais pas du groupe de Rock des années 70  mais de l’acronyme anglais qui désigne le fameux principe philosophique (sic!) : Keep It Simple, Stupid (i.e. Fais Simple, Stupide !)

Cependant, je préfère le plus politiquement correct : Keep It Simple and Short/Straighforward/Smart voire même le Keep It Super-Simple

Eliminer le superflu. Concentrez-vous sur l’essentiel.

Bien que d’apparence anodine, cette phrase n’est pas simplement une phrase de bon sens. Ce devrait être un credo pour chaque startup.
Que dois-je faire le plus simplement possible pour apporter une valeur ajoutée à mes clients ?

Il n’est pas rare que je challenge mes startups en leur demandant : « Que pourriez-vous vendre à votre client, si vous n’aviez qu’une feuille et un crayon de papier ? » (Sous-entendu, sans site web à 8 000€, ni usine de production à 300 000€ les 2 mois…)

Prenez-le temps de la réflexion, faites en sorte que la clarté et la simplicité soient vos facteurs prépondérants.

Appliquez le test de la grand-mère ! (et non, ce n’est pas un billet sponsorisé)

GM

Qu’est-ce que ce test? Etrange, me direz-vous… Voici en quelques lignes, le principe…

Régulièrement, j’appelle ma Grand-Mère pour lui parler de mes projets et j’essaye par (presque!) tous les moyens de la convaincre d’acheter mon produit, mon service… Et si par malheur, j’entends les mots fatidiques : « oui (car, bien sûr, ma GM achètera tout ce qui vient de son petit-fils), je veux bien te le prendre mais je ne comprends pas son utilité. »
Ô désespoir ! Je n’ai qu’à revoir ma copie et recommencer mon intervention en toute simplicité…

Faites de même, que ce soit avec un membre de vore famille, un ami ou une connaissance ou simplement, à une rencontre informelle ou à un pair entrepreneur. Confrontez vos idées. Clarifiez-les. Simplifiez-les.

Donc, sans hésiter, rasez et tranchez dans le vif du sujet pour proposez à vos clients une offre simple et claire.

« Le Loup et le Chien » de La Fontaine ou les vertus du discours argumentaire

« C’est à vous, s’il vous plaît, que ce discours s’adresse.» [Le Misanthrope – Molière]

martinlutherking

Répondant à la demande de Bruno de « cuisiner moléculairement » (merci Twitter et son #TopChef) nos cellules grises, je m’attèle à lire et relire la fable du Loup et du Chien (La Fontaine ~ Livre I, 5), abordé également par Gilles Poupardin, pour extraire quelques pensées subtiles et pertinentes.

Connaissant son caractère indépendant et amateur de risques, il y a fort à parier que son article soit à son image, ode au Loup et à la liberté. Je n’irais donc pas sur son territoire ! Mais ce n’est qu’une supposition donc, si vous voulez vérifier, allez faire un tour chez le Loup, mon ami Bruno, sur L’entrepreneur est fou!

J’aurais pu évoquer la forme même de cet apologue, qui suit le classique « Instruire et Plaire », cher à La Fontaine (tuteur du Dauphin, à qu’il a dédié ses Fables), et glisser sur l’essence même du nouvel outil marketing qu’est le storytelling. J’aurais pu…

Je vais au contraire me focaliser sur le discours du Chien. En effet, son intelligence et sa pertinence ont failli coûter la liberté à l’animal sauvage et libre par essence qu’est le Loup.
Et le discours n’est-il pas l’outil principal de l’entrepreneur ?

En suivant ce parallèle avec le monde de l’entrepreneuriat, n’est-il pas essentiel pour un jeune entrepreneur de créer une connexion( voire un dialogue) avec ses clients, ses associés et ses partenaires financiers, tout en adaptant son discours à chaque type d’audience ?
Or, créer cette connexion ne dépend-elle pas de notre capacité à convaincre ?

handshake_figaro(crédit : Le Figaro)

1. L’état même du dialogue entre deux opposants ne peut naître que par la volonté bilatérale de trouver une voie convergente.
Bien que sonnant un brin chinoisant, mon argument cherche à mettre en avant l’importance du terrain commun dans le dialogue, que ce soit lors d’une négociation ou d’une vente.
Adversaires de base, le Loup et le Chien vont pourtant réussir à dépasser leur nature pour dialoguer et échanger.
Tantôt Chien (ne pas craindre les rencontres), tantôt Loup (avec humilité) l’entrepreneur, lui aussi, doit faire fi de ses propres préjugés et pré-requis, pour s’ouvrir vers de nouvelles façons de voir le monde, de communiquer, de penser ses solutions. Que ce soit pour s’associer ou pour lever des fonds, il est important de trouver un terrain commun, de créer l’initiation, qui  permettra par la suite, l’échange.
Dans le domaine de la séduction (basé sur The Game de Neil Strauss), on parle de « pick-up lines » : ces petites phrases qui vont créer la connivence et vont permettre l’initiation du dialogue (« Est-ce que le soleil vient de se lever ou c’est vous qui m’avez souri ? » ou « Je pense que je pourrais mourir heureux, maintenant, car je viens d’entrapercevoir un petit morceau de paradis »)
Blague à part, quelque soit votre audience, vous devez trouvez des bases communes, pour dialoguer sur un terrain neutre et fertile aux deux partis.

2. La stratégie gagnante du Chien ou l’argumentation implicite.
En deux parties, l’argumentation du Chien débute par la critique de la vie du Loup puis enchaîne par un éloge de sa propre vie, selon une progression réfléchie.

Dans un premier temps, la critique de la vie du Loup repose simplement sur la notion de choix et la généralisation d’une situation reconnue. En mettant en avant l’inexorabilité de cette loi (« Vos pareils y sont misérables »), le Chien ne blesse pas l’orgueil du Loup, tout en lui montrant respect et politesse. Et le Loup ne peut qu’acquiescer implicitement ce possible changement.
En parallélisant avec le monde de l’entrepreneuriat : lors de vos pitchs, soyez toujours ponctuels, gardez un langage poli et respectueux, mettez-vous à la place de votre audience et surtout, réfléchissez en amont à votre stratégie, pour anticiper les interrogations et les réflexions.

Dans un second temps donc, le Chien enchaîne par l’éloge de sa vie, en minimisant certains points (les devoirs), en maximisant d’autres (les récompenses) et en jouant sur l’argument massif qui est d’obtenir ce qu’on n’a pas, i.e. dans cette fable les caresses et la tendresse, pour le Loup.

Idem que précédemment, dans vos pitchs, soyez malins, jouez avec vos arguments, vos silences, votre prestance scénique. Sachez également décoder votre audience – sans tomber dans The Mentalist, pour les adeptes.
Et surtout, gardez bien en tête que la valeur ajoutée de votre entreprise réside dans sa capacité à innover et à apporter une réponse à des attentes non satisfaites.

innovation

3. La victoire du Chien ou comment la perception est tout.
Sans un mot, le Loup pleure et imagine son bonheur futur.
En se basant sur les mêmes ressorts que  Le Silence des Agneaux (l’imagination a plus d’impact que la vision), le Chien convainc le Loup, par une perception du bonheur.

Ce point est important pour un entrepreneur, car, pour un même service proposé à plusieurs clients, chacun d’entre eux percevra le coût selon sa propre expérience, ses besoins, ses attentes. Et il n’est pas rare d’entendre l’un dire que le service est trop cher alors que l’autre serait prêt à payer plus, tout est dans la perception du coût de l’offre. Soyez donc attentif, à ces non-dits et ces perceptions.

non-dits(crédit : P. Geluck)

Pour résumé, que vous soyez Loup ou Chien, peu importe !
Votre discours doit s’adapter à votre public, être construit et pertinent.
Il doit être inspirant, simple et clair, s’appuyer sur une introduction ouverte, créant la connivence, enchaîner sur des arguments tout autant factuels que perçus positivement et se conclure sur un accord mutuel entre l’auditoire et l’auditeur. Le tout sans craindre les retournements de situation impromptus (qui arrivent, parfois…), donc en étant bien préparés.

Et pour un coup de pouce (pas tout à fait dans l’idée de celui de la Vache Qui Rit, mais presque), vous pouvez vous procurer le livre de Connie Dieken : Parler moins pour en dire plus et aux dires de Matthieu Scherrer, rédacteur en chef de Management : « Pas de bavardage inutile, de nombreux et précieux conseils rédigés dans un style limpide. Une lecture recommandée à tous ceux pour qui convaincre est une obligation quotidienne » (via le blog des Editions Diateino)

Start-Up Your Life : Guillaume Martin de Pictarine

Reprenons les échanges avec des startupers (débutés avec Cyril) en invitant Guillaume, qui est l’un des trois fondateurs de Pictarine, un réseau social, orienté photo (Et pour en savoir plus  le site, l’article dans la Tribune ou la Démo Interview, en fin d’article via JF Ruiz)

pictarine

Bonjour Guillaume, peux-tu te présenter en quelques lignes, ainsi que ta petite entreprise?
Bonjour, je suis donc Guillaume Martin (a.k.a Deuterome), j’ai 30 ans et mes études ont été orientées informatique et cryptographie (avant le Da Vinci Code), avec une orientation télécoms et progiciel. J’ai passé 5 ans en SSII dont 2 ans chez France Télécom puis 3 ans en tant que chef de projet finance. C’est durant cette mission que j’ai rencontré celui qui est devenu mon associé : Maxime Rafalimanana (son blog avec l’annonce de Pictarine)

L’idée de base est simple : à chaque soirée (ou événement) et grâce à l’essor des numériques, tout le monde fait des centaines de photos et pourtant, il est ardu de pouvoir toutes les récupérer, de par la multitude des sources (Picasa, Facebook, Flickr…)

Pictarine a été lancé, il y a 10 mois, pour pallier ce manque : c’est un mash-up entre un réseau social et un site de partage de photos ; i.e., en créant un « zest » (un album partagé), tu autorises les personnes de ton choix (et ce quelque soit son réseau initial) à partager, commenter, ajouter des photos, en toute sécurité.
Pictarine est là, pour permettre de revivre l’événement, après coup, grâce à la magie des photos et du partage.

Et par rapport à tes concurrents, comment te positionnes-tu ?
Nos trois grands avantages sont notre place en tant que réseau social et non seulement, en tant qu’un simple site de partage de photo ; l’aspect transverse de notre produit : on ne se limite à aucune plateforme, on « mashup » tout ; et, l’aspect collaboratif, interactionnel du produit.

Et vous êtes combien pour réussir tout ça, aujourd’hui ?
Nous sommes trois, avec une répartition par domaine : technique pour Maxime, design pour Guillain et business (avec une pointe de technique) pour moi.

Nous sommes également en recherche d’un profil technique (spécialisé en web et CSS) pour renforcer l’équipe.

Pour une première expérience entrepreneuriale, tout à l’air de bien rouler, non ?
Nous nous sommes donc lancés, il y a 10 mois, et après un début euphorique et une sensation de liberté intense, nous nous sommes astreints à une plus grande rigueur avec pour objectif de sortir un produit en 8 mois. Premier pari, tenu ! Nous sommes en train de déposer nos statuts pour monter une SAS (et ce point là fut difficile ; car, en France, pour trouver des informations et de l’aide, c’est la croix, la bannière) et de recueillir les premiers retours de nos utilisateurs.
Nos prochains objectifs sont d’enrichir Pictarine avec de nouvelles fonctionnalités (pour augmenter la viralité et le partage, entre autre) puis d’évoluer, dans un second temps, vers des offres payantes.

Quel est l’ouvrage d’entrepreneuriat qui t’a le plus marqué ?
Sans hésiter, je parlerais de La réalité de l’Entrepreneuriat de Guy Kawasaki (aux Editions Diateino, dans sa version française) qui est une source d’inspiration et de conseils pratiques.
Dernièrement, je suis en train d’étudier Inbounds Marketing de Brian Halligan, afin d’en apprendre plus sur le positionnement d’un produit sur le web, sur la stratégie de blogging et le marketing 2.0, en général.

A ton tour de passer le relais et de transmettre un peu de sagesse pour les générations futures, qui ont des aspirations créatrices, que leur dirais-tu?
De bien se renseigner sur leur métier, de se lancer rapidement et de ne pas avoir peur de parler de ses idées.

Un mot de la fin voire « un zeste d’humour » ?
Juste pour préciser que, chez Pictarine, l’innovation nous tient à cœur et que notre but est de créer la différence pour créer la valeur.

Merci Guillaume, bon courage pour vos prochaines étapes et à bientôt pour la suite des aventures de Pictarine, que nous souhaitons sans pépin !

[vimeo]http://vimeo.com/9919807[/vimeo]

Papa, c’est quoi cette bouteille de lait? Papa, c’est quoi cette bouteille de lait? Papa, c’est quoi un Community Manager?

« Une communauté ne peut longtemps se suffire à elle-même ; elle ne peut se développer qu’avec des personnes provenants d’horizons différents et des frères encore inconnus. » [Howard Thurman]

300px-Community-manager(crédit image)

Précaution d’usage : n’étant pas moi-même Community Manager, mes propos ne sont qu’une analyse subjective d’un monde dans lequel j’évolue de plus en plus mais petit à petit… Ces propos n’engagent donc que ma perception et ne sont en aucun cas, à prendre en tant que paroles d’expert ! Loin de là 🙂

** Cependant, bientôt de nouvelles annonces expliqueront un peu plus, ma lente mais sûre descente dans les entrailles du Community Management…Stay tuned! **

[MAJ du 03/03/2010] Aprés une jolie leçon de stratégie des médias sociaux via Cath, de Nunalik, je reprends cet article, en partageant ses conseils en matiére d’usage (cf. fin de l’article)

Phénomène de mode ou réelle appétence des entreprises à communiquer différemment, les stratégies de communauté et conversationnalistes fleurissent un peu partout.

Et pour les mettre en œuvre, il faut faire appel à un Community Manager.

Au Québec, où on parle un joli (et vrai!) français, on préfère appeler les Community Manager, des Médiateurs de Conversations.
Mais selon blaisegv, cette définition du rôle d’un CM n’est que partielle.

Encore inconnu (pour un néophyte du web, comme moi), il y a 2 ans, les demandes de postes surgissent ici ou ici, voire !
Sous cette appellation un brin élitiste, se cache un être hybride et polymorphe, croisement entre un G.O, un acupuncteur, Monsieur Loyal, un stratège chinois et une Mère ! Tout ça me direz-vous… Hm !
Détaillons un peu… 

32_GO(crédit image)

Du plus facile, le G.O. (a.k.a le Gentil Organisateur) : tout de suite, on pense à Thierry Lhermitte dans les Bronzés 🙂
Le G.O., c’est celui qui organise les gens, qui les inspire, qui leur insuffle l’énergie pour se bouger, pour tenter de nouvelles expériences.
N’est ce pas l’un des rôles premiers du CM de catalyser les conversations et les énergies pour faire éclore au mieux sa communauté et la marque s’y afférant ?

32_acupuncture(crédit image)

L’acupuncteur est cet adorable vieux monsieur chinois (ou pas!), qui manipule de fines aiguilles, de manière très précise sur des points spécifiques, pour pouvoir soigner l’ensemble de l’individu.
C’est donc un art de technicité, d’outils et avant tout de minutie : par petites touches, on impacte la communauté.

32_monsieur_loyal(crédit image)

Monsieur Loyal est le maître de la piste, le chef d’orchestre des numéros (source : Wikipédia)
Il est (tout comme le CM) celui qui présente les membres de sa communauté entre eux et vers l’extérieur, les mets en avant, les implique dans différentes conversations, tout en y prenant part, parfois (« appelés aussi à donner la réplique aux clowns »)

32_suntzu(crédit image)

Le fameux stratège chinois : Sun Tzu. Longtemps exploité dans des citations (parfois douteuses) de professeurs d’Histoire-Géographie ou de Français, Sun Tzu est l’auteur du célébre traité de stratégie militaire : l’Art de la guerre.

Son principe est simple : « celui qui se connaît, connaît son ennemi, connaît le terrain, jamais ne pourra être perdant.»
N’est ce pas un très bon principe à appliquer aux CM ? Certains vont maîtriser Twitter, d’autres Facebook et d’autres Dailymotion ; certains maîtiseront les arcanes de la veille stratégique et d’autres auront cette point d’humour, qui crée la connivence… Mais, peu importe leurs forces et leurs faiblesses, pourvu qu’ils sachent en faire bon usage, pour le bien de leurs communautés.

32_mere(crédit image)

Et enfin, le CM est une Mère : silencieusement, il veille sur chacun de ses membres (et non, lui ne veille que sur Gotham City!), les écoute, les console dans les moments pas faciles, les gronde parfois, leur rappelle les règles de politesse et de communication et va même jusqu’à leur organiser des goûters (ou autres événements) pour rencontrer des petits camarades et ainsi agrandir cette même communauté.

[Petite info perso :  Gabrielle & Jean de Renoir est l’un de mes tableaux préférés,que vous pouvez admirer à l’Orangerie (Paris)]

Et vous, que pensez-vous du rôle d’un Community Manager?

***

Des 3 leçons apprises, sur l’usage des médias sociaux :

1. Les univers conversationnels sont régis par des conventions et il est important de bien les respecter.
   A. On est poli :  « On en oublierait presque les bienséances de base lorsque l’on commence une conversation non-virtuelle avec un individu » (via le blog de Nathan Soret)
   B. On cite ses sources et on étaye ses exemples en renvoyant vers les personnes ou initiatives concernées : 5 raisons de citer ses sources, selon Fredzone
2. Du contenu, du contenu, du contenu : donner avant tout de la consistance et de la matiére à réflexion à ses lecteurs. Par exemple, en citant les ouvrages, qui nous ont inspiré, les articles lus, qui ont un rapport avec le sujet (d’où l’importance de la veille)

[MAJ 03/03/2010] Voici quelques sources inspirantes pour initier la réflexion:
– Un article de Cédric Déniaud sur les buzzwords à la mode (dont Community Management)
Le blog d’Angela Connor (en UK)
le blog d’Anthony Poncier

3. Bien prendre le temps de converser avec les gens; i.e leur répondre en temps et en heure, échanger avec eux sans demande particuliére… Le tout sans perdre de vue sa stratégie globale et en gardant à l’esprit : « dans quel but, je converse? »

Merci encore à Cath et à trés vite pour la prochaine leçon!

***

Mon but est d’ici, de voir réagir certains Community Manager (ceux de la photo principale, par exemple) selon leur propre définitions, leurs propres expériences, leurs propres sensibilités face à l’ouverture et à l’expansion du job.
Donc, si vous êtes intéressés, n’hésitez, les pages vous sont ouvertes !

Et en bonus :

[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/x2tw88_lactel_events[/dailymotion]

Tant qu’il y aura des livres : Les décisions absurdes de Christian Morel

« Réfléchis avec lenteur, mais exécute rapidement tes décisions. »  [Isocrate]

decisions(crédit photo)

Il arrive que les individus prennent collectivement des décisions singulières : ils agissent avec constance dans le sens totalement contraire au but recherché. Ces décisions absurdes se traduisent par des erreurs radicales et persistantes.

Incroyable diriez-vous et pourtant, ces exemples  se comptent par dizaines voire par centaines dans les entreprises.

Comment peut-on se tromper de manière évidente et pourtant persévérer ?

decisions_absurdes(crédit image)

Christian Morel, dans son livre Les décisions absurdes : Sociologie des erreurs radicales et persistantes, éclaire ces théories au travers d’exemples variés : de l’explosion de la navette Challenger (1986) lancée malgré les avertissements des ingénieurs à des copropriétaires qui se mettent d’accord pour ne fermer qu’un seul des deux accès de leur immeuble pour lutter contre le cambriolage, en passant par les pilotes de Boeing ou le pétrolier « Sea Star » et d’analyses sociologiques aux multiples angles (l’interprétation cognitive et l’impact des erreurs élémentaires de raisonnement ; l’explication collective et l’impact des modèles d’enchaînement ; l’analyse téléologique et l’impact des intentions), pour conduire une réflexion pertinente sur les décisions et les facteurs impactant ces dernières.

Christian Morel décrit et conceptualise ces processus d’enfermement dans la décision, qui conduisent aux échecs et aux catastrophes les plus improbables. En Lien avec l’escalade de l’engagement, ce processus d’enfermement peut être expliqué basiquement par le paradoxe de l’arrêt de bus : vous devez faire un trajet d’une heure à pieds ou de 15 minutes en bus, mais vous attendez déjà le bus depuis plus de 30 minutes…
Quand allez-vous arrêter d’attendre pour marcher ?

Les détails techniques:
Il est paru en 2004, chez Gallimard, en Folio Essais. Il coûte 7.10€ et vous pouvez le trouver sur Amazon ou dans toutes les librairies.

Mon avis:
J’ai aimé ce livre qui, dans un premier temps, apporte des exemples clairs, documentés et frappants, avant d’aborder les concepts plus sociologiques. L’intérêt de cet ouvrage est de mettre en exergue le processus et la facilité à tomber dans des décisions dites absurdes et ce, quelque soit le domaine ou les acteurs en jeu.

Mon conseil est donc de lire cet ouvrage de Christian Morel afin de relativiser certaines décisions d’entreprise, qui nous semble parfois aller à l’encontre du bon sens et sans faire preuve de fatalisme et d’acceptation, il nous donne des clefs pour appréhender un peu mieux ces décisions absurdes.