[Management de Soi] Pourquoi sommes-nous si crédules ?

La crédulité est la faiblesse de l’homme, mais la force de l’enfant. [Charles Lamb]

Mesdames et messieurs, nous interrompons notre programme pour une édition spéciale. A 8 heures moins 20, le Professeur FARRELL, de l’observatoire Mont Jennings de Chicago dans l’Illinois, signale avoir observé plusieurs explosions de gaz incandescents, survenant à intervalles réguliers, sur la planète Mars (… ) Ils ressemblent à des tentacules, je peux voir leur corps maintenant, c’est gros, aussi gros qu’un ours et ça brille…

Peut-être avez-vous reconnu cet extrait du célèbre canular d’Orson Welles sur une radio américaine le 30 octobre 1938.

Comment expliquer un tel engouement pour la catastrophe imminente ?

Car nous sommes tous confrontés à cette bizarrerie de l’esprit qui nous laisse parfois avaler des couleuvres alors même que nous sommes des êtres parfaitement rationnels !

C’est ce que l’on appelle la crédulité : tenir pour vraies des informations non validées allant à l’encontre du sens commun.

Fabrice Clément, chercheur en sciences cognitives à l’université de Lausanne, donne une explication, dans son ouvrage Les mécanismes de la crédulité :

Selon lui, deux filtres interviennent dans notre traitement de l’information.

Tout d’abord le filtre cognitif qui étudie l’information sous l’angle de sa crédibilité. C’est notre sens logique, notre acuité critique qui sont alors à l’œuvre : est-il possible que je me mettre soudainement à voler dans les airs ?

Puis le filtre émotionnel classe l’information : désirable ou non désirable ?
Certes, il est peu probable que je sois capable de voler…mais j’aimerais bien quand-même !

Le filtre émotionnel entre ici en conflit avec le filtre cognitif. Une des façons de résoudre ce conflit consiste à berner le filtre cognitif à l’aide de « leurres cognitifs ». [Fabrice Clément]

Aussi, si je finis par me dire : « après tout, l’espèce humaine n’a pas fini d’évoluer, pourquoi des ailes ne pousseraient-elles pas dans mon dos ? », c’est que mon filtre cognitif aura capitulé devant le leurre que je viens de fabriquer pour trouver une cohérence à tout cela !

On peut se demander pourquoi la sélection naturelle ne nous a pas dotés d’un système de contrôle de l’information plus performant !

Selon certains chercheurs, le filtrage de l’information consommerait énormément de temps, d’énergie et ce au détriment de notre réactivité et adaptabilité à l’environnement.

Alors, à quand un cerveau pour être sur les deux fronts en même temps ?

1 Comment

  • Un cerveau pour être sur les deux fronts je ne sais pas, mais il se dit que les frères Bogdanov auraient un second cerveau caché dans le double menton soit 4 cerveaux en tout !
    Quelqu’un a parlé de crédulité ?!?
    Après ce trait d’humour du dimanche soir, je ne sais pas si je peux oser dire que c’est un très bon article, même si c’est le cas.

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