[Management de Soi] L’errance pour la performance

Le rêve nous reporte dans de lointains états de la civilisation humaine et nous met en main un moyen de les comprendre. [Friedrich Nietzsche]

Heureuse nouvelle pour les élèves du dernier rang près du radiateur !

Bayer aux corneilles nous rendrait plus performants dans la résolution de problèmes complexes!

Telle est la conclusion du Docteur Kalina Christoff, directrice du laboratoire de sciences neurologiques de l’université British Columbia de Vancouver suite à des travaux menés à partir d’images obtenues par résonance magnétique nucléaire (IRM) permettant d’avoir une vue du cerveau en 2D ou 3D.

Lorsque notre esprit ne se concentre pas sur une tâche spécifique mais qu’il vagabonde, s’égare, passe d’une futilité à une autre… alors différentes parties de notre cerveau, notamment la partie antérieure du lobe frontal, siège des fonctions cognitives supérieures, travaillent activement !

Ces résultats surprenants soulignent que la rêverie n’est pas un état d’inaction cérébrale mais un état cognitif durant lequel les structures cérébrales dédiées à la résolution des problèmes complexes sont sollicitées.

Loin d’être stériles, ces périodes de flânerie mentale mobilisent nos ressources, favorisant la création de liens entre des données, le traitement d’informations, l’émergence de nouvelles idées.

Car, « quand il n’est pas stimulé par des demandes extérieures, le cerveau humain travaille souvent avec une grande rigueur », observe le Dr Kalina Christoff.

Ainsi la volonté, la concentration auraient leurs propres limites dans la recherche de solutions.

Il s’agirait d’accorder de l’espace et du temps au « non-vouloir » : lancer la « machine » sur une question et passer à autre chose puisque qu’elle n’a pas toujours besoin de notre raison ni de nos efforts d’attention pour fonctionner !

Pensez-donc à tous ces problèmes épineux qui auront disparus, comme par magie, à la rentrée… si vous avez suffisamment rêvé!

Et vous, savez-vous errer et rêver pour être plus performant?

  1. J’ai une grande capacité à procrastiner, j’enmagasine infos et idées, je note, je note, je note, mais je ne produis jamais tout de suite, laissant à mon cerveau le temps d’appréhender le concept avant de ‘pondre’, comme si « dormir dessus » me permettait d’avoir les idées plus claires.
    Je me sens moins faible, du coup, j’ai peut-être utilisé sans le savoir la meilleure méthode pour être efficace 😉

  2. Bonjour,
    En fait, « bayer aux corneilles » s’orthographie bien avec un « y » ! Oui, cela peut sembler bizarre et nous rappeler le labo pharmaceutique…mais la langue française nous réserve chaque jour des surprises 😉 !

    Valérie Bergère
    Gymnase du Management

  3. Bonjour à tous,
    Pou compléter cette réflexion, je voudrais partager cette expérience avec vous et qui donne comme astuce : pour être efficaces…. Dormons !

    S’endormir tarabusté par un problème, se revéiller le matin avec la solution qui s’impose magiquement à soi… Magie… ? Notre cerveau traite les informations pendant notre sommeil, quand la conscience est en mode « off » : nous pouvons vraiment regler un problème en dormant !
    Les neurobiologistes de l’universite de Lübeck en Allemagne ont voulu mettre en lumière les vertus du sommeil à travers une célèbre expérience.

    A deux groupes d’étudiants cobayes, ils soumettent des séries de problèmes arithmétiques à résoudre. L’équipe leur cache délibèrement l’existence d’une règle mathématique simple qui permet de faire cela rapidement.

    Le premier groupe doit calculer le matin, vacquer à d’autres occupations dans la journée, puis finir le calcul le soir, tout cela sur 8 heures de temps.
    Le deuxième groupe doit entamer les calculs avant de s’endormir, dormir 8 heures, puis reprendre dès le matin.
    Résultats : dans le premier groupe, 20% ont trouvé la règle. Dans le deuxième, ce sont 60%…
    Les chercheurs expliquent, que durant le sommeil, les structures cérébrales échangent des signaux électriques, codant des informations emmagasinées durant la journée. Dans cette expérience, par exemple, l’hippocampe transmet aux lobes frontaux des règles de calculs déjà apprises, qui vont y être associées à un « savoir faire » mathématique acquis à travers les expériences passées. Par une alchimie dont les chercheurs n’expliquent pas encore à ce jour le mécanisme, il en ressort une « intuition », qui guide vers la solution voire, DEMEURE la solution.
    Travail et sommeil sont les deux piliers des meilleures idées…

    @ bientôt,
    Catherine/Gymnase du Management
    Sources : *Ullrich Wagner, Steffen Gais, Hilde Haider, Rolf Verleger, and Jan Born (2004). Sleep inspires insight. Nature Vol. 427 January 2004 pp. 352-355.
    Cerveau & Psycho N° 5

  4. Bonjour Jean-Noël, merci d’amener ce sujet 🙂 Ces périodes de « non-vouloir » se basent sur un principe de non-linéarité, sauf si l’on ne souhaite que s’appuyer sur la logique. Or, pour certaines problématiques, un besoin de créativité peut être plus important, avec la recherche de solutions qui sortent des champs habituels.

    Edward de Bono a aussi un concept très intéressant qui est celui de la pause créative, où finalement un objectif de résolution de problème est pré-déterminé mais pas pour un résultat immédiat.

    Du coup, pendant cette période de « pause créative », des idées vont prendre forme, on va se nourrir des différentes lectures et conversations. On va surtout intégrer des éléments de sérendipité qui vont servir d’accélérateurs dans la résolution du problème.

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