Chacun vaut ce que valent les objectifs de son effort. [Marc-Aurèle]

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Réclamer plus d’autonomie fait partie des exigences classiques d’un collaborateur.

Se sentant vite limité par les ordres hiérarchiques, celui-ci souhaite souvent sortir d’un rôle d’exécutant. Il aspire ainsi à organiser le planning, à influencer le choix des outils, à tisser des relations privilégiées avec certains clients…

Bref, toute action visant à étendre sa « zone d’autonomie ».

De l’autre côté, le supérieur peut vite voir venir d’un mauvais œil une telle demande, moins par manque de confiance en son subordonné que par crainte de mettre en jeu sa responsabilité entre les mains d’autrui.

Comment sortir des tensions créées par ces volontés légitimes mais contradictoires ?

Étymologiquement « auto – nomos » veut dire : se donner ses propres lois.
L’autonomie ne va donc déjà pas contre l’ordre. Donner de l’autonomie aux individus n’est pas risquer l’anarchie !

Contre la simple « indépendance qui est la liberté au sens négatif, l’autonomie […] est la liberté au sens positif » [Kant, Critique de la raison pratique]

Ce dont a peur le manager, c’est d’avoir devant lui une équipe totalement indépendante, qui pourrait s’opposer à ses volontés.

Si chacun suit ses propres règles, il risque en effet d’être difficile de construire quelque chose en commun !

En revanche si chacun dépasse ses soucis égoïstes et se donne des règles d’action sensées pouvoir être suivies par tout être humain alors la liberté, dans son sens positif, peut se concrétiser.

Etre autonome, c’est s’intégrer à une collectivité en agissant de telle manière que les lois qui commandent sa volonté soient susceptibles d’être suivies par tous.
Auquel cas, donner de l’autonomie à ses collaborateurs, c’est, bien loin de risquer sa responsabilité, la renforcer en les engageant dans des règles collectives.

Donner de l’autonomie, c’est aussi, pour un manager, accepter de n’être pas toujours indispensable, de se positionner en seconde ligne pour laisser une réelle place à l’autre.

Un autre risque ? Pas vraiment puisque l’autonomie vise le gain mutuel !

Et vous, êtes-vous prêts à être autonome?