Les frontières entre information et divertissement deviennent de plus en plus floues non seulement pour les téléspectateurs mais aussi pour les professionnelles. [Christine Ockrent]

L’étude menée pour Entreprises & Médias par TNS Sofres nous apprend que presque un salarié sur deux (48%) est insatisfait de la communication dans son entreprise.
Jusque là, rien de très nouveau.
Mais plus étonnant : 69% des managers sondés déclarent que « ce qui les gêne » pour communiquer est « le trop grand décalage entre les messages de la direction et la réalité du terrain ».

Il est effectivement difficile de faire passer un message auquel on n’adhère pas : sentiment de trahir, de « vendre son âme », crainte que le manque de conviction ne se voie.
Tout cela est compréhensible et peut-être, dans certains cas, insoluble.

Mais l’absence de communication peut aussi provoquer les effets que l’on voulait justement éviter: perte de légitimité du manager (« il n’a pas le courage de nous dire… »), rumeurs qui font imaginer le pire…

Or, il y a quelque chose que l’on peut sauver, même dans les situations les plus périlleuses : la qualité de relation avec l’équipe !
Je peux annoncer une nouvelle impopulaire et marquer des points sur le plan managérial.

Certes, pour communiquer une décision perçue comme contraire à l’intérêt de l’équipe voire aux propos que l’on a jusqu’à présent tenus, il est préférable d’afficher une position claire.

Et pour cela…s’extraire de la logique aristotéliciennedans laquelle nous nous enfermons souvent peut être utile.

En effet, cette dernière, et notamment son principe du tiers exclu postule qu’il n’y a pas de milieu entre A et non-A : « tout doit ou bien être ou bien ne pas être : une proposition est soit vraie, soit fausse », « toute chose est soit bonne soit mauvaise».
Ennuyeux si nous hésitons entre «oui» et «non» !

Alors s’en détacher nous libère du dilemme.
Car si, au contraire, une décision peut être bonne et mauvaise à la fois, alors que reste-t-il de mon tiraillement ?

Je peux, dans un même temps, être favorable et moins favorable : favorable à un certain niveau d’effets attendus ou espérés (« misons sur… »), de valeurs à porter (solidarité, foi en l’avenir…) et moins favorable car conscient des inconvénients à assumer… puisque rien n’est jamais totalement bon ou mauvais!

Et cela fait selon nous une vraie différence : c’est bien l’interaction qui mérite toute notre attention !