La solitude vivifie ; l’isolement tue. [Joseph Roux]

Des événements parfois dramatiques ont conduit récemment les médias à mettre en lumière la question de la « solitude du manager » dans les entreprises.
Une situation délicate à assumer, une mauvaise nouvelle à annoncer, une décision difficile à faire passer et voilà notre manager seul devant l’adversité, prêt à basculer dans le désespoir.
Aux yeux de l’opinion, un terme tel que « solitude » évoque a priori l’accablement, la fuite, l’isolement ; pourtant la solitude est une caractéristique du manager, un signe évident de son autonomie.
La solitude est à ce point caractéristique du manager qu’elle est fréquemment modélisée, « organisée », comme le montrent de nombreux exemples historiques, tel celui du débarquement du 6 juin 1944.
En 1943 les alliés décident d’ouvrir un front à l’ouest pour prendre l’armée allemande à revers.
L’ouverture de ce nouveau front implique un débarquement massif d’hommes et de moyens en Europe occidentale. Cette opération gigantesque, baptisée Overlord, relève à la fois de la construction des pyramides pour sa logistique et de la tour de Babel par la diversité de ses participants. Les États-Unis, principaux contributeurs de l’opération, en exigent la direction, suscitant l’irritation des autres partenaires de l’alliance, en particulier l’Angleterre.
Dans ce contexte tendu, une personnalité émerge : le général Eisenhower est réputé pour sa science de l’organisation et du mouvement des troupes.
Fin analyste, homme d’écoute, son sens de la diplomatie est reconnu et apprécié. Autour de ce personnage consensuel les Américains vont imposer aux alliés une organisation qui permettra au général Eisenhower d’exercer une autonomie totale sur un objectif : réussir un débarquement en Normandie.
Eisenhower surmontera ainsi tous les obstacles dressés volontairement ou involontairement devant lui par ses propres pairs jusqu’à la dernière minute. Les dernières 48 heures sont éprouvantes. Les participants aux ultimes réunions d’état-major sont clairement en retrait ; Eisenhower devra bien décider seul, ce qu’il finit par faire en prononçant dans un silence sépulcral la célèbre phrase « Ok, let’s go ! »
Dans les 30 secondes qui suivent, Overlord est déclenchée. Chacun part rejoindre son poste, laissant alors le général réellement seul, mais avec sa mission enfin achevée.
Comme Eisenhower, le bon manager doit revendiquer sa solitude devant la complexité des situations plus qu’il ne doit s’en plaindre.








#1 by David Mesmacque on 2012/01/17 - 9:08
Bonjour JN, bonjour à tous,
Nous ne sommes jamais réellement seuls ! Bien sur le rôle d’un manager le plonge souvent dans la solitude…de la réflexion et de l’analyse.
Mais le rôle du bon manager n’est-il pas de savoir aussi, bien s’entourer, bien partager et bien distribuer ?
Au risque bien sur de ressentir un petit moment de vide une fois son travail accomplit et précisemment attribué !
Je me lève le matin et je profite d’être seul pour construire mon temps à venir et ce, avant d’accueillir mon entourage professionnel, puis une fois les tâches justement réparties, mon esprit est de nouveau occupé par les nouvelles tâches à accomplir et ainsi de suite…
En aucun cas je ne me suis trouvé en 25 ans de management prêt à basculer dans « le désespoir »… Ouf fort heureusement… Sinon que resterait-il de notre « rôle » si nous pouvions sombrer de la sorte ?
Enfin cette solitude doit être aussi analysée comme une force en soi, savoir prévoir seul pour pourvoir en équipe, être autonome dans ses actions et en constater les résultats savoir en permanence garder espoir, dynamisme et persévérance pour améliorer le quotidien…
La solitude appelle donc la multitude…