Sélectionner une page

L’esprit est difficile à maîtriser et instable. Il court où il veut. Il est bon de le dominer. L’esprit dompté assure le bonheur. [Bouddha]

Qui n’a pas déjà éprouvé ce sentiment intense de joie que procure la maîtrise d’une action ?

Une langue, une technique, une méthode, pratiquées avec adresse, élargissent notre champ d’action et nous donnent davantage prise sur le monde. Sur nous même aussi. Toute maîtrise de quelque chose est aussi maîtrise de soi.

Un processus en trois temps :

Temps 1 : Je ne sais pas que je ne sais pas

Comme dans la caverne de Platon, les prisonniers tout au fond de la caverne ne perçoivent du monde qu’un théâtre d’ombres. Ils ignorent encore que le monde ne se réduit pas aux ombres projetées sur le mur.

Temps 2 : Je sais que je sais

« Je possède désormais le sujet », « je maîtrise désormais cette compétence», bref je sais que je sais. Ce qui se présentait alors comme un obstacle est désormais intériorisé et fait partie intégrante de mon être.
Chaque seuil franchi me rend plus fort.

Temps 3 : Je ne sais plus que je sais et je sais plus que ce que je sais

Demandez à un artiste comment il crée ses couleurs, comment il produit les vibrations sur ses toiles : il vous répondra souvent qu’il ne sait pas lui même.

Par le travail répété des gestes, la force de l’habitude, l’incorporation des automatismes nécessaires, nous faisons corps avec nos savoir-faire au point d’en oublier le chemin souvent laborieux (règles, méthodes, …).

La maîtrise est ce qui demeure lorsque l’on a tout oublié.

Je ne sais plus que je sais faire ceci et cela :

Tout ce que je sais, c’est que cette maîtrise produit sur moi une joie qui augmente « ma puissance d’agir » [Spinoza]

Cette énergie de la présence à soi dans son travail nous pousse à explorer au delà de notre zone de confort, à conquérir de nouveaux territoires, à persévérer dans notre « être-au-monde ».

Et pour vous, quelle joie vous procure la maîtrise d’un sujet?