Londres, 1798. Les taxinomistes du British Museum crient au scandale. Qui ose se moquer d’eux ?
L’animal empaillé qu’ils réceptionnent ce jour-là ne peut être un « vrai » animal.
Un plaisantin s’est sûrement plu à affubler ce pauvre quadrupède d’un bec de canard !

Pourtant, après moult recherches, force est d’accepter cette implacable réalité :
il s’agit bien d’un tout nouvel animal jamais rencontré à ce jour.
Néanmoins, « il faut bien » le classer quelque part.

Dans la famille des mammifères ? Oui, mais il pond des œufs !
Dans celle des ovipares ? Oui mais que faire de ses mamelles ? Et il allaite ses petits !
C’est bien là le drame : aucune catégorie connue ne convient vraiment. A lui seul, il bouscule tout ce que l’on croit savoir sur la classification du règne animal.

Il faudra 80 ans à la communauté scientifique, pour admettre que l’animal est à la fois un mammifère, à la fois un ovipare et lui créer une famille bien à lui, celle des monotrèmes.

Nous aussi avons parfois du mal à reconnaître l’inclassable, le « hors-catégorie » en nos semblables !

Nous les écoutons souvent avec une oreille qui croit avoir déjà entendu, évaluons leurs propos à l’aune de ce que nous savons déjà, comparons leurs qualités… Finalement, nous leur faussons rapidement compagnie, préoccupés que nous sommes à leur trouver le moins de différences possibles avec ce que nous connaissons.

Et vous, sauriez-vous rester ouvert à la différence lors de la découverte d’un ornithorynque?