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La chair humaine se décompose cinq fois plus lentement lorsqu’elle est mouillée. La pluie avait commencé à tomber à deux heures du matin : à trois heures, les corps nus qui gisaient dans la rigole à ciel ouvert le long de la voie ferrée étaient à demi recouverts par un ruissellement torrentiel (…) [Philip McLaren]

(Crédit Amazon)

(Crédit Amazon)

J’avais conseillé, il y a quelques mois, ce roman sur le blog d’Aurélie : Le monde de Lili – qui avait eu un été polar-esque de très bonne qualité 🙂
(NDA : Par ailleurs, je reviendrais sur l’un des romans cités au cours d’un dimanche futur…)

Ce polar assez sombre présente la particularité de nous faire découvrir un visage fort différent de l’Australie, loin des tranquilles kangourous et des surfeurs accueillants. Un peu à l’image des romans de Caryl Ferey (sur l’Afrique du Sud, sombre et violente), Philip McLaren nous éloigne des clichés touristiques classiques pour nous emmener sur les traces de son ethnie trop méconnue, en pleine crise identitaire : les aborigènes.

Construit avec des mots durs et des situations obscures, le roman nous fait suivre les pas des enquêteurs (aborigènes donc, pour la première fois) et de l’assassin.

La 4ème de couv’ : Soucieux d’être politiquement correct envers ses minorités, l’État australien crée, contre l’avis de ses propres forces de police, une « brigade aborigène ». Elle se compose, pour cette immense nation plus grande que l’Europe, d’un homme et d’une femme. Le premier, Gary, est devenu flic, lui qui fut victime, pendant sa jeunesse, du racisme des Blancs. La seconde, Lisa, a été littéralement arrachée des bras de sa mère à l’âge de cinq ans pour être placée dans un institut légal dirigé par des sœurs. Ces deux-là s’en sont sortis. Ils sont brillants, jeunes, habitués au combat. La découverte à Sydney, pour leur première enquête, du corps détrempé d’une jeune abo sonne pour eux le début d’une traque effrayante. Ce qu’ils vont découvrir, au fil des meurtres, n’est rien moins que l’histoire récente d’une île millénaire.

Aborigene_250h(crédit photo)

Trois points intéressants autour de ce roman :

– Le premier pour parler d’un livre que l’on m’a conseillé : Noir Austral de Christine Adamo pour rester dans le thème.

– Le deuxième pour souligner que ce livre a été traduit par François Thomazeau – qui est l’un des pionniers de la vague du polar marseillais, avec Jean-Claude Izzo.

– Le troisième pour vous dire que je suis allé vers ce roman de par la couverture : cette photographie en noir et blanc, qui vous donne envie de tendre la main. Qu’en pensez-vous?

Donc, pour tous les fans de Lehanne, Connelly, Mankell, Nesbo, Ferey et consort, n’hésitez pas à vous laisser glisser dans les sombres recoins de l’Australie, à explorer les aléas d’une société profondément injuste envers un peuple entier, à découvrir les mécanismes sociaux de rejet et d’acceptation des insulaires australiens.
Bref, à plonger dans ce roman sombre qui ravira les plus curieux d’entre vous…

Bon dimanche à tous!