Investir dans la formation c’est conjuguer au présent mais aussi au futur le souci des hommes et le souci des résultats. [Philippe Bloch]

[Un article repris de l’excellent site cursus.edu dont la ligne éditoriale est toujours pertinente et excellente.]

L’Observatoire Cegos a publié à la fin mars 2011 les résultats de son enquête annuelle sur la formation professionnelle en Europe.

2542 salariés de France, Italie, Espagne, Allemagne et Grande-Bretagne ont été interrogés.
Que pensent-ils des formations qu’ils ont suivies dans le cours de l’année passée et qu’attendent-ils pour les années à venir?

On constate que dans leur très grande majorité (90 %), les salariés ayant bénéficié d’une formation s’en déclarent satisfaits. Et ce, quelles qu’aient été les modalités de distribution de la formation : si le présentiel reste majoritaire et satisfait toujours les participants, la formation à distance, la formation mixte et le coaching prennent de plus en plus de place et emportent également l’adhésion des apprenants.
Ce qui va contre les idées reçues qui subsistent à propos de la formation à distance, encore perçue par certains comme de la sous-formation ou comme réservée à des apprenants particulièrement autonomes.

On voit aussi qu’un nombre croissant de salariés est exposé à différentes modalités de formation : si la quasi-totalité des personnes interrogées ayant bénéficié d’une formation dans l’année écoulée a suivi de la formation en présentiel (91 %), 44% d’entre elles ont également bénéficié de formation à distance et 37 % ont pour leur part suivi des formations mixtes, mêlant présence et distance.
Les salariés français sont moins bien lotis que leurs voisins quant à cette dernière modalité, pusqu’ils sont 23 % seulement à avoir bénéficié de formations mixtes.
Mais le chiffre n’était que de 13 % l’année précédente, on peut donc dire que cette modalité est en train de s’implanter dans les entreprises françaises.

La montée en puissance des jeux sérieux et de l’apprentissage mobile

Parmi les salariés ayant suivi de la formation à distance, 45 % ont utilisé un serious game et 39 % ont eu recours à l’apprentissage mobile ou m-learning. Ces chiffres sont en très forte progression partout en Europe et sont liés à l’adoption rapide des smartphones et des tablettes qui autorisent l’accès aux contenus multimédias de formation partout et à tout moment.

On savait déjà que le monde entrepreneurial était le principal utilisateur des jeux sérieux. Cette tendance va continuer à se développer, notamment en France qui investit beaucoup dans la création de nouveaux jeux sérieux.
Ceci s’explique par une culture du jeu vidéo ancienne dans ce pays, non dans les cursus de formation initiaux généralistes, mais en tant que secteur économique : la France possède de nombreuses entreprises très dynamiques dans le secteur et dispose d’écoles de formation spécialisées prestigieuses (école des Gobelins, ENJMIN…)

On notera également la progression de l’utilisation des réseaux sociaux en formation professionnelle, particulièrement en Italie où 82 % des salariés interrogés disent les avoir utilisés.
Ceci, à l’extérieur de leurs entreprises, ce qui laisse penser à certains commentateurs que les entreprises devraient se doter de réseaux sociaux internes.
En la matière, il y aurait sans doute beaucoup à apprendre du cadre scolaire et de l’utilisation qui est faite des environnements numériques de travail : les enseignants et les élèves préfèrent largement utiliser les réseaux sociaux publics que ceux qui ont été spécifiquement créés pour eux, car ils s’y sentent moins contraints et moins surveillés.
Il serait intéressant de savoir s’il s’agit là d’une spécificité française, ou si cette tendance se retrouve dans d’autres pays.

(source: Useo)

Priorité absolu au terrain

Mais la modalité de formation préférée de tous les salariés est la formation de terrain, de préférence accompagnée par un coach ou un tuteur. Cette soif de concret peut d’ailleurs rencontrer la vogue du jeu sérieux, qui permet de se frotter à un environnement réaliste lorsque celui-ci n’est pas directement accessible.

Accompagnement, multimodalité et réalisme : voilà donc la voie toute tracée pour les spécialistes de la formation professionnelle.

 Et vous, qu’en pensez-vous? Comment voulez-vous être formé?