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Le Roman du Dimanche : 100 pages blanches de Cyril Massarotto
Je tourne la tête vers mon grand-père qui, assis sur sa vieille chaise pliante, rallume pour la dixième fois le mégot jauni planté au coin de sa bouche.
Il me fait signe du menton de ne pas quitter mon bouchon des yeux.
Un vrai pêcheur ne regarde rien d’autre que son bouchon, c’est bien connu. (…)
Papi me regarde, et écarquille les sourcils en hochant la tête, l’air impressionné. (…)
Il me caresse la tête en décoiffant un peu mes cheveux, puis m’attire vers lui.
Je pose mon visage contre son ventre et l’enserre de mes petits bras.
Je ferme les yeux.
On ne se dit pas un mot.
Je suis le plus heureux des enfants.
[Cyril Massarotto]
100 pages blanches est le premier roman que je lis (et il a eu un effet plutôt bouleversant pour moi…) de Cyril Massarotto.
Il a été édité aux Points, en septembre 2007 et comporte 266 pages.
Son auteur:
Cyril Massarotto vit à Perpignan. Il a longtemps écrit des paroles de chansons pour son groupe, Saint-Louis, avant de se sentir à l’étroit dans l’exercice. Il passe donc à la vitesse supérieure en 2006, et se lance dans l’écriture. Un an plus tard, alors qu’il surfe sur le net dans un bain bien chaud, une phrase résonne dans sa tête : « Dieu est un pote à moi ». Il sait alors qu’il tient son roman. Un premier roman hilarant, sensible et juste, qui a tout simplement le goût de la vie.
Instituteur puis directeur d’une école maternelle, Cyril Massarotto a décidé en 2008 de se consacrer à l’écriture et à la musique.
La 4ème de couv’:
Ce carnet, c’est ton héritage. Tes soeurs auront le reste, mais crois-moi, je te lègue le plus précieux de mes biens, et tout l’argent du monde ne le remplacerait pas. «
Quel choc pour ce jeune homme lors de l’ouverture du testament de son grad-père: il ne lui a rien laissé! Rien à part un vieux carnet vierge au cuir rapé. Pour tout héritage, cent pages blanches qui vont rapidement dévoiler leur secret…
(Source)
J’en pense quoi?
Ce livre m’a transpercé. Certes, il n’est pas impossible que ma situation personnelle ait fait écho au ton du livre… Bref, un roman - lu en quelques heures mais je pense que c’est l’unique méthode pour bien plonger dedans - que j’ai apprécié et que je trouve simple (mais dans le bon sens du terme) et touchant, avec des personnages attachants, des souvenirs qui sont déclenchés (douce nostalgie, sans madeleine…), quelques pointes d’humour et beaucoup de réflexivité…
L’avantage, quand on est vieux, c’est qu’on n’a plus la sale tête du réveil tellement la normale est déjà abîmée. [Cyril Massarotto]
Le clin d’oeil est aussi sur le héros qui est un trentenaire, somme toute banal, un peu comme vous ou moi. Enfin, surtout moi
Et une (vaste!) question en filigrane : mon passé m’enferme-t-il ou me pousse-t-il en avant ?
Qu’en pensez-vous?
Quoi qu’il en soit, là encore, ce n’est pas un livre de grande littérature mais plaisant, drôle, accrochant, poignant et surtout réflexif – pour ma part, ça a engendré de multiples réflexions sur mes souvenirs, mon passé, mon présent et mon futur.
Pour terminer sur une court passage du livre - à méditer en ce dimanche :
[...] Que faut-il faire pour emporter de grands souvenirs?
- C’est très simple : pour emporter de grands souvenirs, il ne faut pas regarder en arrière.
- C’est contradictoire, mamie…
- Au contraire, c’est très logique! Comprends-moi bien : tes souvenirs à toi, ils sont devant.
Pus tard, quand tu auras mon âge et qu’il sera trop tard pour construire, tu pourras te retourner, et voir ce que tu as bâti de grand, de beau…
Et tout cela remplira ton cœur. C’est tout ce que je te souhaite.
Ainsi, peut-être ne partiras-tu pas vide. Vide comme moi.
Bonne lecture et bon dimanche à tous!
Le Roman du Dimanche : La ligne de flottaison de Jean Hatzfeld
Les nouvelles idées ne procèdent plus des grands penseurs mais des grands événements. Il est fini le temps des philosophes réfléchissant (…) L’événement est fait par ceux qui le vivent. L’Histoire est faite par ceux qui la racontent, de plus en plus en direct… [Jean Hatzfled]
La ligne de flottaison est un roman (réflexif et poignant) de Jean Hatzfeld.
Il a été édité aux Points, en septembre 2007 et comporte 266 pages.
Son auteur:
Pour préambule, sachez que je suis un fan absolu de Jean Hatzfeld, c’est dit! ![]()
Né en 1949, à Madagascar, Jean Hatzfeld a collaboré au journal Libération. Il s’occupe d’abord de la rubrique sportive avant de devenir grand reporter pour couvrir de nombreux conflits en tant que correspondant de guerre. Écrivain, il a reçu pas moins de 10 prix pour ses oeuvres (dont un prix Fémina). Il a séjourné plusieurs mois au Rwanda depuis le génocide et plus précisément sur les collines de Nyamata où il a recueilli les témoignages des rescapés pour écrire deux essais bouleversants: Dans le nu de la vie (où est relatée l’Histoire vue par les victimes) et Une saison de machettes (qui laisse la parole aux bourreaux).
Le mystère. Un mystère d’une banalité sans nom : on ne peut pas comprendre que ça puisse arriver. Je dis souvent qu’une guerre, c’est comme un fleuve qui déborde. Il inonde tout ce qu’il y a autour, c’est quand même une rivière qui coule. Un génocide, c’est quand la rivière s’assèche : il n’y a plus rien. Tant que je vivrai, je retournerai à Nyamata. Même si je sais que je ne comprendrai jamais. [Le Monde, Jean Hatzfeld, mars 2002]
La 4ème de couv’: (plutôt que la 4ème de couv’, je préfère partager avec vous le résumé de la Fnac)
Grand reporter, Frédéric rentre à Paris après un long séjour en Tchétchénie et retrouve Emese, la jeune traductrice hongroise dont il partage la vie et l’appartement. S’il reprend ses habitudes et ses lectures, s’il retrouve ses amis, son journal et son café du matin, Frédéric n’arrive pas à être présent à la vie parisienne. Tout lui paraît insurmontable, il se sent envahi d’une angoissante solitude et ne parvient à être compris et véritablement à l’aise qu’avec ses semblables, ceux qui partagent le même destin. Devrait-il s’établir? Faire un enfant? Accepter de ne plus jamais repartir? Pourquoi une telle obstination à s’échapper de la douceur du quotidien? Qu’est-ce qui le pousse à s’enfoncer dans les ruines, à crapahuter sur les monticules de gravats et à risquer sa propre vie pour raconter le chaos? Qu’est-ce qui l’incite sans cesse à quitter les siens? »Écrire là-bas, être lu ici, se taire ici, chaque chose à sa place. »
A-t-il atteint un point de non-retour?
(Source)
J’en pense quoi?
J’hésitais (encore une fois) sur le choix du Roman à vous présentez ce dimanche. Je voulais certes définitivement parler de Jean Hatzfeld mais peut-être aurais-je dû aborder ces essais sur le Rwanda qui m’ont transpercés et que je vous conseille sans modération (mais en vous préparant un peu, quand même…)
Mes pensées en quelques points…
1. Pour votre information, la ligne de flottaison désigne la ligne qui sépare la partie immergée de la coque d’un navire (i.e. sous l’eau) de celle qui est émergée (i.e. au-dessus l’eau). C’est une notion que je trouve toujours très intéressante et ce, quelque soit le domaine : quelle est la part de soi que l’on affiche vs. la part que l’on cache?
Tant qu’il ne fait pas de choix, le héros du roman nage entre deux eaux, incapable d’émerger totalement et de consacrer sa vie à son amoureuse, autant que de se vouer corps et âme à son travail, vécu de façon tout aussi intime. Telle est la ligne de flottaison, où deux univers se confondent…
2. Jean Hatzfeld sait de quoi et de qui il parle quand il écrit un roman avec pour caractère principal un grand reporter, revenant de la guerre en Tchétchénie.
Entre autobiographie et fiction, son roman est le reflet d’une interrogation sur notre appartenance au monde. Il exprime la nécessité de s’y engager, malgré la peur, mais préconise aussi de s’en préserver. Et sans oublier, que, parfois, seul le destin décide.
3. Ce roman est aussi une éblouissante histoire d’amour sur fond de guerre. Non pas une histoire douce et paisible mais une mélancolique histoire torturée de manière latente et silencieuse presque malaisée et surtout pleine de désarroi.
Pour terminer sur une courte citation, extraite du livre - à méditer en ce dimanche :
[...] chaque guerre nous montre ce que nous sommes en train de cesser d’être [...]
Bonne lecture et bon dimanche (de Pâques) à tous!
Le Roman du Dimanche : J’ai envie de toi de Federico Moccia
L’amour n’est beau que s’il est un peu bagarreur (…) [Federico Moccia]
J’ai envie de toi est une comédie romantique (et la suite de Trois mètres au dessus du ciel) de Federico Moccia.
Il a été édité chez Le Livre de Poche, en juin 2008 et comporte 573 pages.
Son auteur:
Federico Moccia est un peu le Marc Lévy italien ![]()
Issu de l’univers télévisuel, il écrit son son premier livre – Trois mètres sur le ciel – en 1992, qui devient un succès reconnu (Prix Tour de Castruccio, section Narratifs 2004 et Prix Insula Romaine, section Jeunes Adultes 2004) et international (tous les pays d’Europe ainsi qu’au Japon et au Brésil).
En 2006 sort donc son second roman, J’ai envie de toi, qui s’est écoulé à plus d’un million d’exemplaires, a remporté le Prix Cimitile (actualité) et est devenu un film à grand succès en 2007.
La 4ème de couv’:
Step est de retour à Rome après deux ans d’exil à New York.
Il s’installe chez son frère et retrouve ses anciens amis.
Personne ne l’a oublié. Step est une légende vivante : beau gosse au cœur tendre, le coup-de-poing facile et la rage au cœur, il est leur idole.
Un soir, il rencontre Gin qui essaie maladroitement de lui voler quelques euros. D’abord fou de rage, Step tombe vite sous le charme de Gin la rebelle…
Elle possède ce petit grain de folie qui lui fait voir la vie en rose. Lui joue les durs pour mieux se protéger.
Leur relation est à la fois violente et tendre, ils se provoquent sans cesse mais ne peuvent se passer l’un de l’autre.
Mais Step est plus vulnérable qu’il ne l’imagine.
Quand Babi, la fille qu’il a aimée autrefois, lui parle de son prochain mariage avec un autre, il tombe dans le piège…
(Source: Europe1)
J’en pense quoi?
J’hésitais sur le choix du Roman de ce dimanche, quand plusieurs petits échanges m’ont amenés à vous parler de ce roman italien :
1. La bande-son du film Trois mètres au dessus du ciel n’est autre que le fabuleux Angel de Sarah Mclachlan - un bijou pour les oreilles de ce dimanche !

2. Comme vous pouvez le voir sur la photo précédente, l’un des sujets fut les cadenas du Pont des Arts, à Paris.
L’une des origines potentielles de ce phénomène trouve sa source dans ce livre de Frederico, où le héros et l’héroïne accrochent un cadenas avec leur nom sur un lampadaire du Ponte Milvio près de Rome, s’embrassent et jettent la clé dans les eaux du Tibre. Où est le vrai du faux? Mystère…
Encore une fois, certes, ce n’est pas l’un des événements littéraires de cette décennie mais ne vous attendez pas non plus à une bleuette sans épaisseur ou un conte de fées moderne, aux abords de guimauve.
Frederico trace ici, les contours d’une jeunesse actuelle romaine, un peu paumée, certes attachante, mais avant tout violente et vulgaire. Son roman possède un vrai souffle et une vision pertinente de cette jeunesse hésitante et en détresse.
A l’image de la vie, ce roman est tendre et brutal, à la fois.
Donc, sautez sur votre Vespa et suivez les pas de Stephano (Step) et de Gin, dans les méandres de leurs esprits et les dédales romains.
Pour terminer sur un court extrait du livre - que je trouve des plus savoureux :
[...]
– C’est une gnocca. C’est comme ça qu’on dit, à Rome, pour une hôtesse comme ça. (En fait, on en dit beaucoup plus, mais ça ne me semble pas une bonne idée de m’étendre sur le sujet…)
– Gnocca… (Elle secoue la tête.) Jamais entendu.
– Oui, gnocca. Ou même belle gnocca. C’est une expression sympathique empruntée aux pâtes. Vous voyez ce que c’est, les gnocchis, non ?
– Oui, bien sûr. Ça, j’en ai vu et mangé pas mal de fois.
– Voilà. Et vous aimez ça ?
– J’adore.
– Vous voyez, c’est facile. Quand on dit à une fille qu’elle est gnocca, ça veut dire qu’elle est bonne comme les gnocchis que vous avez mangés.
– Oui, mais ça me fait rire de penser à elle comme un gnocchi. Ça fait un peu… comment on dit… Ah oui : maladroit !
– Non ! Vous devez penser à ces gnocchis avec de la sauce chaude dessus, faite avec des tomates douces, celles qui fondent dans la bouche, elles se collent presque au palais, à tel point qu’il faut les enlever avec la langue.
Bonne lecture et bon dimanche à tous!
Le Roman du Dimanche : L’appel de l’ange de Guillaume Musso
Jonathan lui fit un clin d’oeil malicieux.
Au milieu de ce festival de saveurs, il sentait chez lui. Basilic, huile d’olive, noix, chèvres frais, avocats, courgettes, tomates, aubergines, herbes aromatiques, potirons, salades : il inspectait, humait, goûtait, choisissait. « Le mauvais cuisinier est celui qui cherche à masquer le goût originel de l’ingrédient au lieu de le révéler. » (…) [Guillaume Musso]
L’appel de l’ange est la dernière comédie romantique (mais avec du suspense) de Guillaume Musso.
Il a été édité chez XO Editions, en avril 2011 et comporte 391 pages.
Son auteur: Né en 1974, Guillaume Musso, passionné de littérature depuis l’enfance, commence à écrire alors qu’il est étudiant. Paru en 2004, son roman Et après… est vendu à près de deux millions d’exemplaires. Guillaume Musso est aujourd’hui le deuxième romancier français le plus vendeur. Ses livres sont traduits dans 34 langues et les ventes totales de ses romans dépassent les 10 millions d’exemplaires.
Note: Si les livres de Guillaume Musso se vendent très bien7, son œuvre ne fait pas l’unanimité chez les critiques littéraires.
La 4ème de couv’:
New York. Aéroport Kennedy.
Dans la salle d’embarquement bondée, un homme et une femme se télescopent. Dispute anodine, et chacun reprend sa route.
Madeline et Jonathan ne s’étaient jamais rencontrés, ils n’auraient jamais dû se revoir. Mais en ramassant leurs affaires, ils ont échangé leurs téléphones portables. Lorsqu’ils s’aperçoivent de leur méprise, ils sont séparés par 10 000 kilomètres : elle est fleuriste à Paris, il tient un restaurant à San Francisco.
Cédant à la curiosité, chacun explore le contenu du téléphone de l’autre. Une double indiscrétion et une révélation : leurs vies sont liées par un secret qu’ils pensaient enterré à jamais…
(Et un chamallow en cadeau à ceux qui
connaissent le film dont est tiré cette image!)
J’en pense quoi?
Guillaume est un auteur que j’aime beaucoup et avec qui, il m’est arrivé d’échanger. Certes, nous sommes loin de Flaubert, Maupassant ou Balzac mais une histoire douce, à lire blotti au coin du feu, un chocolat chaud pas loin, enroulé dans un plaid, en écoutant par intermittences la pluie tomber…
C’est aussi grâce à lui que j’aime émailler mes rapports, dossiers, livres ou autres avec des citations. Et, ce coup-ci, il a pris un soin particulier à lister tous les ouvrages dont sont tirées ces citations. Pas mal!
Quand tu aimes quelqu’un, tu le prends en entier, avec toutes ses attaches, toutes ses obligations. Tu prends son histoire, son passé et son présent. Tu prends tout ou rien du tout. [R.J. Ellroy]
Le rivage est plus sûr mais j’aim me battre avec les flots. [Emily Dickinson]
Comme à son habitude, Guillaume créé un univers complet autour de ses personnages que l’on découvre peu à peu, un point d’impact fort puis tisse lentement leur histoire présente et future.
Sans vous spoiler, cette histoire est plus prenante que les précédentes, mêlant aventures, rebondissement, enquêtes, romances et cuisine!
Donc, ne luttez pas, accordez-vous cette petite bulle d’évasion et cédez à l’appel de l’ange!
Pour terminer sur une citation du livre :
[...] Madeline avait fracturé son coeur pour y instiller le poison du manque. (…) il avait conçu un dessert à l’image de la jeune Anglaise : un mille-feuille à la crème légère de rose et de violette avec une fine pâte feuilletée caramélisée à l’orange douce de Tunisie. (…) il était en panne de créativité (…) le verrou venait de sauter et l’amour l’inspirait à nouveau.
Bonne lecture et bon dimanche à tous!
Le Roman du Dimanche : Sans laisser d’adresse de Harlan Coben
Deux jours avant que je ne découvre le secret qu’elle gardait enfoui en elle depuis dix ans – un secret a priori personnel qui allait non seulement nous démolir tous les deux, mais changer à jamais la face du monde (…) [Harlan Coben]
Sans laisser d’adresse est la dernière aventure de Myron Bolitar par Harlan Coben.
Il a été édité chez Pocket, en février 2011 et comporte 404 pages. C’est la dernière aventure de l’agent sportif (et artistique, maintenant ) le plus connu des Amériques : Myron Bolitar et de ses acolytes : Win, Esperanza et Big Cindi.
Son auteur: Harlan Coben est un auteur (mondialement connu et) américain, diplômé de sciences politiques. Il mesure environ 1 m94 – comme son personnage Myron Bolitar et il est le premier auteur à avoir reçu trois des prix majeurs de la littérature policière aux États-Unis : le prix Edgar Allan Poe, le Shamus Award et l’Anthony Award.
La 4ème de couv’: Retrouver, après sept ans de séparation, une femme sublime à Paris. Un programme a priori réjouissant. Sauf quand l’amant s’appelle Myron Bolitar, agent sportif : sur place, les ennuis ne tardent pas à arriver. Son amie Terese est mêlée à un meurtre. Sur la scène du crime, du sang, beaucoup de sang : celui de la victime mais aussi celui de la propre fille de Terese… morte dans un accident des années auparavant.
J’en pense quoi?
Je ne serais que peu objectif car je suis assez fan de Myron Bolitar et plus particulièrement de Win. C’est la part obscure de beaucoup d’entre nous, non?
La classe d’un Chuck Bass (merci les références culturelles à Gossip Girl) allié à l’agilité d’un Chuck sous Intersect (merci les références culturelles à Chuck), la libido d’un Hank Moody (merci les références culturelles à Californication) et le pragmatisme d’un Coach Taylor (merci les références culturelles à Friday Night Lights)… Bref, je suis fan!
Sans laisser d’adresse est la 9ème aventure de Myron – dont l’humour est toujours au top
Terese a passé la commande pour nous deux dans un français fluide. Comme je ne parle pas un mot de cette langue, si ça se trouve, elle avait commandé des oreilles et une queue de cochon.
Comme à son habitude, Harlan ponctue son histoire de nombreux rebondissements et révélations, qui donnent une belle cadence à l’intrigue et les pages défilent : on meurt d’envie de savoir où cette histoire emmènera nos personnages.
Sans vous spoiler, une partie de l’histoire se déroule à Paris et c’est intéressant de voir comment sont perçus les français et de voir les clins d’oeil de Harlan sur ses « amis » français – suite à son film avec G. Canet : Ne le dis à personne – et particulièrement à François Berléand.
Donc, foncez et préparez-vous à découvrir une nouvelle facette de Myron, au cours d’une aventure que l’on pourrait qualifier d’efficace !
Pour terminer sur une citation du livre :
[...] Moi aussi maintenant j’ai les larmes aux yeux.
- S’il te plaît, dit-elle. Ne pars pas.
Je suis tellement fatigué. Je ne dors plus. Dès que je ferme les paupières,
les visages des morts surgissent devant moi. Les yeux bleu acier me
regardent fixement. Mes nuits sont peuplés de cauchemars, et lorsque
je me réveille je suis tout seul.
Bonne lecture et bon dimanche à tous!
Le Roman du Dimanche : Déviances de Richard Montanari
Le tueur était venu ici et avait laissé dans son sillage ce tableau blasphématoire, une image qui les hanterait à coup sûr jusqu’à leur dernier souffle. [Richard Montanari]
Déviances est un thriller (c’est écrit dessus!) noir et angoissant de Richard Montanari.
Il a été édité chez Pocket, en mai 2007 et comporte 506 pages. C’est le premier livre de R. Montanari traduit en français et mettant en scène les détectives Byrne et Balzano. La suite de leurs aventures - Psycho (2007), Funérailles (2008) et 7 (2009) - est paru au Cherche Midi. Son dernier roman, Cérémonie, paraîtra en 2011.
Son auteur: Richard Montanari est un romancier, scénariste et essayiste américain, vivant dans l’Ohio. Il a beaucoup écrit pour le Chicago Tribune et le Detroit Free Press.
La 4ème de couv’: Kevin Byrne est un vétéran de la police criminelle de Philadelphie. Flic usé par ses années de service, il vient juste de faire connaissance avec sa nouvelle équipière, Jessica Balzano, lorsqu’une adolescente fréquentant une école catholique de la ville est retrouvée violée et mutilée, les mains jointes dans un geste de prière. La première d’une longue série.
C’est le début d’un voyage au coeur des ténèbres pour les deux enquêteurs qui, lancés sur la piste d’un tueur aussi terrifiant que machiavélique, devront affronter leurs propres démons, alors que la ville est prête à basculer dans la folie.
J’en pense quoi?
J’ai eu un peu de mal à rentrer dedans, de par l’enchaînement des clichés : un flic divorcé et torturé, une nouvelle (et jeune) équipière, un journaliste aux pratiques douteuses, un presque-coupable trop évident et bien d’autres.
Un peu comme dans un film américain, un peu facile…
Et après quelques chapitres, BAM !!!! J’ai été scotché… Je me suis attaché aux personnages, j’avais hâte de savoir qui était ce vilain si vilain (et sadique et brillant et pervers et…), de savoir ce qu’il allait se passer, qui allait être sauvé et qui allait être sacrifié… L’auteur exploite toutes les cordes sensibles et ça marche !
Un roman policier noir, comme je l’aime, à mi-chemin entre Jonathan Kellerman (et des aventures du psychologue Alex Delaware et de son acolyte Milo Sturgis) et Thomas Harris (et son Hannibal…).
Donc, foncez et préparez-vous à frissonner !
Pour terminer sur une citation du livre :
[...] Peut-être ferait-il mieux de rentrer. Mais pour retrouver quoi? Son deux pièces vide?
Il viderait encore un demi-litre de bourbon, regarderait une émission de télé, peut-être un film.
À trois heures, il se coucherait pour attendre un sommeil qui ne viendrait pas.
À six heures, vaincu par l’aube, il se lèverait avant même que son réveil ait sonné.
Bonne lecture et bon dimanche à tous!
Le Roman du Dimanche : Football for Dummies de Howie Long
Les hémorragies cérébrales sont moins fréquentes chez les joueurs de football. Les cerveaux aussi ! [Pierre Desproges]
Aujourd’hui, jour de Superbowl oblige (Go Green Bay !!!!), quoi de plus normal que de vous présenter un livre sur le Football américain !
Pas de romans autour du sujet donc je me rabats sur un ouvrage classique : la collection pour les Nuls. (J’aurais pu vous parler du manga Eyeshield 21 mais ça me semblait plus simple de commencer doucement…)
Football for Dummies (3rd edition) est donc le sésame, qui va vous permettre de comprendre les arcanes mystérieuses qu’est le football amériacin.
Les auteurs : Howie Long est l’un des meilleurs commentateurs sportifs et ancien joueur professionnel de football US) et John Czarnecki est LE consultant Footbal US pour Fox Sports.
Si, toi, petit lecteur, tu ne sais pas ce qu’est un fumble (là, je t’aide car j’ai de la peine : c’est une perte de ballon après une une réception ou lors d’une course, MAIS avant que le porteur du ballon ait touché le sol avec ses genoux), si tu n’es pas capable de contrer un Dallas 4-3, si quand on annonce un red-gun, tu ne hurles pas contre ce f**ing running back qui ne se bouge pas ou simplement si tu ne sais pas pourquoi tout le monde crie touchdown et se félicite alors que le goal n’a pas bougé – d’ailleurs, il est où le goal? (sic!?!? – là, cher lecteur, je crains que tu sois très, très en retard sur les règles!)
Alors, là, oui, ce livre est pour toi !
Et si vous voulez lire ou regarder un peu plus de football US, vous pouvez aller sur cet article précédent qui parle de Friday night Lights – la série sur le foot US au Texas – et voir la splendide vidéo d’un essai plutôt surprenant.
Bon dimanche à tous !
Et si, ce soir, tu ne sais pas quoi faire, cher lecteur, alors rejoins-nous pour regarder le Superbowl, à Paris, à minuit, au Players.
Le Roman du Dimanche : Le bibliothécaire de Larry Beinhart
Un bibliothécaire n’a pas un statut social très élevé, et nous ne gagnons pas non plus beaucoup d’argent ; plus qu’un poète, d’accord, mais pas autant qu’un type qui sait bien faire la manche. Alors, nos idéaux comptent beaucoup pour nous, et aussi l’amour des livres, l’amour du savoir, l’amour de la vérité et de la liberté d’information, le désir que les gens puissent découvrir les choses par eux-mêmes. Qu’ils puissent lire, oh, des histoires d’amour ou des romans policiers, ce qu’ils veulent. Et que les pauvres puissent avoir accès à Internet. [Larry Beinhart]
Le bibliothécaire est un thriller politique de Larry Beinhart.
Il a été réédité en Folio Policier, juin 2007 et comporte 546 pages. The Librarian en VO, est traduit de l’américain par Patrice Carrer. Il a reçu en France, le Grand Prix de littérature policière 2006.
Son auteur : Larry Beinhart, né en 1947, est américain et vit à Woodstock. Il a été récompensé par le prestigieux Edgar Award. Son précédent roman – Reality showa été adapté au cinéma par Barry Levinson sous le titre « Des hommes d’influence » avec Dustin Hoffman et Robert de Niro – a été accueilli comme un livre « révélation » sur le dessous des cartes de la fin du XXème siècle.
La 4ème de couv’: David Golberg, homme tranquille sinon banal, devient du jour au lendemain le bibliothécaire privé d’un vieillard acariâtre et multimillionnaire. Alan Stowe a bâti sa fortune dans l’industrie et il n’existe pas d’esprit plus cynique que le sien. Il est surtout, à quelques jours d’une élection présidentielle serrée, le plus grand bailleur de fonds du parti républicain. Golberg, à classer les papiers de l’homme d’affaires, se retrouve traqué. Il faut dire que le président sortant, candidat à sa propre succession, gosse de riche va-t-en guerre et ancien alcoolique reconverti en fou de Dieu, voit d’un très mauvais œil les possibles découvertes de Golberg. Le 11 septembre est passé par là. Les services secrets détiennent les pleins pouvoirs. Tuer un homme est un devoir lorsqu’il s’agit de préserver le Bien…Les critiques les plus virulentes de l’administration Bush ne viennent pas toujours de la « vieille Europe ».
J’en pense quoi?
Ce livre est un vrai thriller politique US où l’auteur critique les méthodes de l’administration Bush (au travers du personnage du président) ainsi que les méthodes employées pour corrompre les hommes politiques (chantages ou pression). Nous pénétrons ainsi dans ces milieux de droite, où tout le monde complote dans l’ombre pour mettre au pouvoir des marionnettes dont ils tirent les ficelles.
Quoi qu’il en soit, c’est un polar noir qui exploite les ficelles du genre avec un talent certain.
C’est un livre qui donne des frissons dans le dos tant il met en lumière le rôle machiavélique voire diabolique de l’argent et du pouvoir. On le referme donc avec un brin d’inquiétude car, c’est bien les fondements de la démocratie qui sont remis en question par cette histoire.
Donc, ne boudez pas votre plaisir !
Pour aller plus loin, vous pouvez lire une analyse plutôt intéressante sur le bibliothécaire (de Larry B.) en tant qu’anti-Jack Bauer (de la série TV « 24 Heures Chrono »)
Pour terminer sur une citation du livre :
Les bibliothèques, c’était la liberté. Des torches dans l’obscurité, des bastions dressés contre la fascination fascisante du pouvoir qui guettait n’importe quel gouvernement. [Larry Beinhart]
Bonne lecture et bon dimanche à tous!
Le Roman du Dimanche : Eat-Tweet (aka. Le livre de Cuisine 2.0)
Un homme c’est quelqu’un qui a une recette miraculeuse, délicieuse, super-géniale qui comporte un tas énorme de vaisselle sale. [Odile Dormeuil]

(crédit couverture)
Le premier livre de cuisine fait sur Twitter !
Paru, il y a peu aux US, Canada et UK, ce livre fait état de 1020 recettes twittées i.e. en 140 caractères maximum.
Son auteur est Maureen Evans (plus connue sous le pseudonyme de @cookbook, sur Twitter) qui est avant tout une cuisinière amateur et une voyageuse. Elle tweete ses recettes en 140 caractères, tous les jours.
Proposées pour 3/4 personnes, les recettes peuvent paraître écrites en hébreu ou en chinois, voire en signes cabalistiques. Il vous faudra sans aucun doute beaucoup de patience et bien plus de temps pour déchiffrer les symboles Twitteriens (et traduire les nuances anglaises) que pour réaliser les plats proposés.
Coup de chance : le glossaire est fourni.
La recette de mon anniversaire : Les Monster Cookies
1. cream ?c br&wtsug/3T buttr.
Creamed (i.e. beaten vigorously until light and pale) 1/3 of a cup of brown sugar (i.e. 1/3 250 ml) and 1/3 of a cup of withe sugar with 3 tablespoon of butter (unsalted)
2. Beat+egg/t vanil.
Beat (i.e. mix vigorously until well combined) 1 egg and 1 teaspoon of vanilla (pure liquid extract)
3. Mix+1½c quickoat/¾t soda; +?c chocchip&m+m&raisin&nut.
Mixed 1 and 1/2 cups of “quickoats” (means quick-cooking) and 3/4 of a teaspoon of baking soda. Then, 1/3 of a cup of chocolate chips (milk chocolate, my favorite!) and raisins and nuts.
4. Form16balls; 10m@360F.
Form 16 balls. Then, 10 minutes at 360 degrees F.
Régalez vous!!
Le Roman du Dimanche : Tueur d’aborigènes de Philip McLaren
La chair humaine se décompose cinq fois plus lentement lorsqu’elle est mouillée. La pluie avait commencé à tomber à deux heures du matin : à trois heures, les corps nus qui gisaient dans la rigole à ciel ouvert le long de la voie ferrée étaient à demi recouverts par un ruissellement torrentiel (…) [Philip McLaren]

(Crédit Amazon)
J’avais conseillé, il y a quelques mois, ce roman sur le blog d’Aurélie : Le monde de Lili – qui avait eu un été polar-esque de très bonne qualité ![]()
(NDA : Par ailleurs, je reviendrais sur l’un des romans cités au cours d’un dimanche futur…)
Ce polar assez sombre présente la particularité de nous faire découvrir un visage fort différent de l’Australie, loin des tranquilles kangourous et des surfeurs accueillants. Un peu à l’image des romans de Caryl Ferey (sur l’Afrique du Sud, sombre et violente), Philip McLaren nous éloigne des clichés touristiques classiques pour nous emmener sur les traces de son ethnie trop méconnue, en pleine crise identitaire : les aborigènes.
Construit avec des mots durs et des situations obscures, le roman nous fait suivre les pas des enquêteurs (aborigènes donc, pour la première fois) et de l’assassin.
La 4ème de couv’ : Soucieux d’être politiquement correct envers ses minorités, l’État australien crée, contre l’avis de ses propres forces de police, une « brigade aborigène ». Elle se compose, pour cette immense nation plus grande que l’Europe, d’un homme et d’une femme. Le premier, Gary, est devenu flic, lui qui fut victime, pendant sa jeunesse, du racisme des Blancs. La seconde, Lisa, a été littéralement arrachée des bras de sa mère à l’âge de cinq ans pour être placée dans un institut légal dirigé par des sœurs. Ces deux-là s’en sont sortis. Ils sont brillants, jeunes, habitués au combat. La découverte à Sydney, pour leur première enquête, du corps détrempé d’une jeune abo sonne pour eux le début d’une traque effrayante. Ce qu’ils vont découvrir, au fil des meurtres, n’est rien moins que l’histoire récente d’une île millénaire.
Trois points intéressants autour de ce roman :
- Le premier pour parler d’un livre que l’on m’a conseillé : Noir Austral de Christine Adamo pour rester dans le thème.
- Le deuxième pour souligner que ce livre a été traduit par François Thomazeau – qui est l’un des pionniers de la vague du polar marseillais, avec Jean-Claude Izzo.
- Le troisième pour vous dire que je suis allé vers ce roman de par la couverture : cette photographie en noir et blanc, qui vous donne envie de tendre la main. Qu’en pensez-vous?
Donc, pour tous les fans de Lehanne, Connelly, Mankell, Nesbo, Ferey et consort, n’hésitez pas à vous laisser glisser dans les sombres recoins de l’Australie, à explorer les aléas d’une société profondément injuste envers un peuple entier, à découvrir les mécanismes sociaux de rejet et d’acceptation des insulaires australiens.
Bref, à plonger dans ce roman sombre qui ravira les plus curieux d’entre vous…
Bon dimanche à tous!
Le Roman du Dimanche : Les Gouttes de Dieu (a.k.a. Le Manga du Dimanche)
C’est la pénicilline qui guérit les hommes, mais c’est le bon vin qui les rend heureux. [Alexander Fleming]
(crédit image : Glénat)
Petit changement éditorial en ce dimanche pour vous présenter deux expériences oenologiques : l’une, littéraire au travers du manga pré-cité et l’autre, gustative.
Parlons tout d’abord du manga de Tadashi Agi (scénariste) et Shu Okimoto (dessinateur), aux éditions Glénat : Les Gouttes de Dieu.
La 4éme de couv’ : Lorsque le prestigieux œnologue Yutaka Kanzaki décède, son testament est clair : son extraordinaire cave reviendra à celui de ses deux fils qui résoudra 12 énigmes concernant 12 vins. Il découvrira alors un 13e et mystérieux vin, inconnu de tous, surnommé « Les Gouttes de Dieu ». Une chasse au trésor sous forme d’enquête policière va confronter les deux frères aux caractères et parcours opposés… Mystères et investigations se succèdent autour des crus les plus prestigieux, pour les deux frères ennemis qui se livrent à une véritable course-poursuite. Au travers de cette affrontement, le scénario conduit le lecteur dans une découverte de l’univers du vin, son langage, ses particularités, ses traditions.

Tout est dit mais en bon bourguignon que je suis, je vais me permettre de préciser un point : environ 2/3 des vins cités sont des vins de Bourgogne et pour la plupart, excellents et à un prix tout à fait abordable. Donc ne boudez pas votre plaisir!
En cadeau : tous les vins cités dans les différents tomes sont repris sur Wikipédia.
Je suis un grand fan de ce manga qui mêle aventures, découvertes et réelles connaissances oenologiques. Chacun des tomes est préfacé par un grand nom de la scéne vinicole française : l’oenologue Michel Dovaz (citant Debussy : « la musique, ça ne s’apprend pas : le plaisir est la règle »), le sommelier Georges Lepré (avec qui j’ai eu le plaisir d’échanger et qui organise les dîners Musique & Vins) ou encore l’autodidactique du Vin, Sylvain Removille (qui dit de ne pas « avoir dévoré ces mangas mais… bu! ») et beaucoup d’autres…
Les descriptions des vins sont pleines d’émotions et d’art ( dixit également nos amis coréens, pour qui, « le vin est initiatique. Le manga répond à cette aspiration, car il mêle histoire, poésie et peinture… ») et les annexes plus techniques sont claires et précises. Je citerais en complément, un excellent article de l’Expansion, qui analyse les retombées financières de l’engouement asiatique pour nos vins français ainsi que celui du Point, qui pointe sur la féminisation de la dégustation.
Et si vous ne l’avez pas encore compris, je suis fan et je vous le conseille à tous : néophytes ou confirmé, chacun prendra plaisir à cette lecture! (16 tomes déjà sortis en France et le 17éme arrive le 16 février 2011…Ouch!!)
La seconde expérience de ce dimanche est donc gustative.
Et sur ce point, je remercierais Vincent (Bourguignon et amateur de Mercurey) et Caroline (amatrice oenologique éclairée) pour nos récents échanges autour du vin, qui m’ont donné cette envie.
** Roulements de tambours ***
J’ai bu un Grand Cru de Bourgogne en mangeant des sushis!
OOOOooooooohhhhhhh……… Un Gevrey-Chambertin 2006, de Bernard Bouvier, pour être précis.
Pour les débutants, le Gevrey-Chambertin est un vin rouge, de Bourgogne. (Merci Wikipédia pour les compléments)
Je laisse la parole aux experts qui qualifient ce vin ainsi :
« Le vin arbore une robe rubis dense, aux reflets cerises.
Au nez, le vin se montre puissant et agréable, au bouquet de griotte, de mûre, de myrtille, de framboise et de baies sauvages. Après aération, quelques notes de fleurs et d’épices se confondent sur un support encore légèrement marqué par le bois.
En bouche, le vin est ample et rond avec une belle suavité de la matière due aux tanins mûrs bien enrobés par l’intensité aromatique. Belle concentration et bon équilibre qui se prolongent sur une finale persistante.
Un très beau vin riche et concentré qui arrive à maturité. »

Donc, oui, suivant le conseil du héros des Gouttes de Dieu, j’ai mélangé un peu de Gevrey-Chambertin à la sauce de soja, afin de déguster mes sushis thon et sériole.
Et je peux vous garantir que c’était un délice : assez doux, moins salé et en gardant bien le goût du poisson! Une réelle expérience des papilles!!
Et vous, avez-vous déjà essayé ou en avez-vous envie?
***
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Le Roman du Dimanche : Michel Houellebecq – La carte et le territoire
Vivre sans lecture c’est dangereux, il faut se contenter de la vie, ça peut amener à prendre des risques. [Michel Houellebecq - Plateforme]
De base, j’ai toujours détesté Houellebecq et ses écrits vulgaro-racolo-trash!
Du tourisme sexuel sur mineures thaïlandaises au désœuvrement social des cadres moyens, en passant par ses interventions télévisuelles – pâle imitation éthérée d’un Gainsbarre, je déteste l’integralité de son œuvre ainsi que sa personne, en tant que telle.
Pourquoi l’ai-je lu, alors?
Car ce roman a obtenu le prix Goncourt 2010 et fervent admirateur de la littérature dans son ensemble et de ses brillants représentants français, je ne pouvais concevoir ce prix bradé. C’est chose faite!!!
Malgré un article dithyrambique par Les Inrocks (comme par hasard, me direz-vous…), je trouve ce roman des plus creux.
Les premières pages semblent ne pas avoir été écrites par Houellebecq, tant elles cassent avec ses écrits passés. Puis le narcissisme triomphant revient et nous assistons à une mise en abime (ridicule!) où le personnage central vient rendre visite á un écrivain de génie incompris et dépressif, afin qu’il écrive quelques pages pour la postérité : Michel Houellebecq. « C’est un bon auteur, il me semble. C’est agréable à lire, et il a une vision assez juste de la société. » (page 21)
Il peut ainsi se permettre des perles de sagesse telles que « il va y avoir du verglas » ou « j’ai replongé… J’ai complètement replongé au niveau charcuterie » (je ne vous donne pas les pages, vous réussirez sans peine à les retrouver, elles sont légion…)
Je passerais sur les pages de promotion à la gloire de Jean-Pierre Pernaut (Merci Wikipedia), de Frederic Beigbeder et de bien d’autres…
Je conclurais sur deux points :
- Le premier, positif, concerne le choix de certains vins dont un Gewurtztraminer « vendanges tardives » : bon choix, Michel!
(crédit photo)
- Le second, autour du débat quant au fait que le roman soit sous licence Creative Commons, de par sa copie des articles de Wikipédia. Je vous laisse lire les conclusions de Florent Gallaire, juriste spécialisé en droit numérique, qui, en plus de démontrer la liberté de l’oeuvre de Houellebecq, mettait à disposition le roman, sous format pdf.
La 4éme de couverture : « Si Jed Martin, le personnage principal de ce roman, devait vous en raconter l’histoire, il commencerait peut-être par vous parler d’une panne de chauffe-eau, un certain 15 décembre. Ou de son père, architecte connu et engagé, avec qui il passa seul de nombreux réveillons de Noël.
Il évoquerait certainement Olga, une très jolie Russe rencontrée au début de sa carrière, lors d’une première exposition de son travail photographique à partir de cartes routières Michelin. C’était avant que le succès mondial n’arrive avec la série des « métiers », ces portraits de personnalités de tous milieux (dont l’écrivain Michel Houellebecq), saisis dans l’exercice de leur profession.
Il devrait dire aussi comment il aida le commissaire Jasselin à élucider une atroce affaire criminelle, dont la terrifiante mise en scène marqua durablement les équipes de police.
Sur la fin de sa vie il accédera à une certaine sérénité, et n’émettra plus que des murmures.
L’art, l’argent, l’amour, le rapport au père, la mort, le travail, la France devenue un paradis touristique sont quelques-uns des thèmes de ce roman, résolument classique et ouvertement moderne. »
Cette semaine, donc, pas de feu de cheminée (ou si, mais pas dans la même perspective) ni de guimauves. Un livre à lire ou pas, selon vos discussions de diner
et je reste quand même un adepte du « forgez votre propre opinion » et reste ouvert à toutes tentatives de discussion autour du livre, de la part de lecteurs fans de Michel ou de ce roman!
Bon dimanche à tous!






















