Articles contenant le tag Entrepreneuriat
Les leçons d’Anna Wintour pour tous les entrepreneurs
Posté par JN dans Entrepreneuriat le 2010/06/10
[Cet article a été écrit en exclusivité pour le blog Enviedentreprendre]
Non, je ne suis pas devenu un aficionado du Diable s’habille en Prada ni de Ugly Betty ni des longs manteaux de fourrure en passant par les lunettes aviateurs vintage.
Il est étrange comme certains noms peuvent resurgir parfois et celui d’Anna en fait parti, tant dans le dernier livre de K. Pancol que distraitement via le film ci-dessus.
(Pour info, Anna Wintour est LA rédactrice en chef de Vogue US depuis 1988.)
Il fallait donc que je creuse cette énigme « AW » pour extraire les conseils pertinents de cette prêtresse de la mode pour nous, entrepreneurs.
Principe #1 : Des réunions, courtes voire très courtes, vous ferez.
Principe #2 : De grands talents vous vous entourerez.
Principe #3 : Jamais en arrière vous ne regarderez.
***
Principe #1 : Des réunions, courtes voire très courtes, vous ferez.
(crédit: Walt Disney)
Soyez honnêtes : combien d’entre vous se sont déjà retrouvé dans des réunions interminables où l’objectif même de départ avait été oublié ?
Préconisez des réunions courtes – car bien entendu, il est important entre associés/partenaires/collègues d’une même startup – de maintenir un lien présentiel régulier. Et surtout, des réunions courtes impliquent une préparation pertinente et efficace ainsi qu’une attention accrue lors de ce moment de rassemblement.
Selon mes sources, il est fréquent qu’Anna débute une réunion en avance (bien sûr, nous ne sommes pas en France, l’autre pays du retard…) et que les malheureux retardataires arrivent lors de la clôture de la réunion : 7 min, vite fait, bien fait et tout le monde repart au boulot ! Et si le secret était là…
Conversation avec Guy Kawasaki ou de l’apprentissage « château-d’eau »
Posté par JN dans Editions, Entrepreneuriat le 2010/06/07
« La connaissance est toujours un butin. » [Maxime Gorki]

Posons rapidement le décor : Paris, conférence Microsoft BizSpark, avec une guest-star de talent : Guy Kawasaki
Grâce à la persévérance de Dominique Gibert, patronne des Editions Diateino et éditrice de Guy, en langue française, un rendez-vous est pris, afin d’organiser une conversation avec l’Entrepreneur avec un grand E, celui qui inspire les talentueux reconnus (Loic Le Meur, Pierre-Olivier Carles…) et les autres (moi, etc…)
(NDA : Dominique, que je remercie d’ailleurs, chaleureusement pour cette opportunité, sa gentillesse et sa prévenance)
Aidée par Jacques Birol, Dominique proposa à Stéphanie Pelaprat (qui a fondé et dirige Restopolitan, le premier site de réservation de restaurants en temps réel, en France), de mener cette conversation – qui sera diffusée en deux parties.
(NDA : Stéphanie, dont je ne peux que vanter le professionnalisme et l’enthousiasme)
Saluons également le travail incroyable de Magali Roucaut et de Juan sur les aspects techniques (et si vous êtes intéressés par leurs travaux, n’hésitez pas à me contacter, pour leurs coordonnées)
***
Et pour entrer dans le vif du sujet, pourquoi parler d’apprentissage « château-d’eau »?
Le principe même de fonctionnement des châteaux d’eau repose sur les vases communicants.
Tiré des expériences de physique collégiale, un liquide réparti dans deux récipients reliés entre-eux, par la base, finit par occuper la même hauteur dans chacun d’entre-eux.
Et donc, par analogie, il est fascinant de rencontrer ces entrepreneurs, qui, en plus d’être détendu et sympathique, nous font partager leurs expériences riches, leurs perles de sagesse dans un écrin, somme toute, commun et leur incroyable recul sur la création. Guy est l’un d’entre eux!
Je ne referais pas une biographie de Guy et je ne peux que vous conseiller l’achat de ses livres (ici et ici) – enrichies dans leurs versions françaises des préfaces de Marylène Delbourg-Delphis, mais je peux vous dire que rencontrer et échanger avec Guy fut incroyable!
C’est est un pédagogue dans l’âme, il aime partager ce qu’il a vu et ce qu’il a expérimenté, il est capable de captiver un auditoire de plusieurs centaines de personnes tout comme un petit comité, il est ouvert et accessible; et en matière d’entrepreneuriat, il est la référence.
Cessons l’émotion et rationnellement, voici ce que vous apprendrez dans cette Conversation – part I :
- S’il n’y avait qu’un conseil à donner à un entrepreneur, quel serait-il?
- Quel est l’impact de l’environnement sur un entrepreneur : Silicon Valley vs. Paris?
- Que faut-il pour être un bon schmoozer (aka. networker)? (pour les références, chapitre 57 de la Réalité de l’Entrepreneuriat)
- Un avant-goût de son prochain livre : Enchantment - bien entendu, le plus rapidement aux Editions Diateino
Je vous laisse donc avec la vidéo. N’hésitez pas à la faire circuler, à commenter, rebondir, échanger, partager…
Dans l’enfer de l’entrepreneuriat : chaque petit geste compte…
Posté par JN dans Anecdotes, Entrepreneuriat le 2010/05/17
[Cet article a été écrit en exclusivité pour le blog de Guilhem Bertholet]
One thing that’s good about procrastination is that you always have something planned for tomorrow. [G.B. Stern]
(crédit image : Randy Glasbergen)
Oui, il m’arrive de procrastiner (i.e. de repousser au lendemain voire au sur-lendemain voire au sur-sur-lendemain…) ce que je pourrais faire le jour même! Vous connaissez tous ça, je présume?
(…)
Et ces dans ces moments-là, que l’entrepreneur doit faire face, se recentrer et bien garder à l’esprit que chaque petit geste compte!
Illustrons notre point avec une histoire :
Prenons une plage, après une marée particulièrement violente.
Sur le sable, des milliers d’étoiles de mer attendent une mort lente (et oui, car il faut savoir que ces petites bêtes ne peuvent pas retourner seules dans l’eau)
Un petit garçon est en train de ramasser ces étoiles de mer, pas pour les collectionner mais simplement pour les remettre à l’eau.
Deux adultes passant par là, lui dise, de manière raisonnable : « ça n’a pas de sens, il y en a des milliers… »
Et le petit garçon leur répondit – tout en lançant dans l’eau les 3 étoiles ramassées :
« Pour celles-ci, ça a valu la peine… »

Et pour avoir la réflexion dans son ensemble, foncez sur le blog de Guilhem!
« How to Start a Movement? » : écritures croisées Community Management / Entrepreneuriat
Posté par JN dans Média Sociaux, Stratégie le 2010/04/19
Tout a commencé par une rencontre…
Deux profils différents, deux parcours différents, deux métiers différents.
Et pourtant, « La règle d’or de la conduite est la tolérance mutuelle, car nous ne penserons jamais tous de la même façon, nous ne verrons qu’une partie de la vérité et sous des angles différents. » [Gandhi]
Des échanges de commentaires puis de mails :
Elle : « si tu veux qu’on écrive ensemble, donne-moi un thème et la manière dont tu veux que l’on procède.. »
Lui : « Check une vidéo de TED : How to Start a Movement? On pourrait aborder cette vidéo, chacun selon son angle : toi, Community Management et moi, Entrepreneuriat. Non? »
Elle : « Si! » [et elle se met à chercher la vidéo TED en question et trouve ensuite le film original, support de la démonstration de Derek Sivers, parce qu'elle faut toujours remonter à la source.]
Un google doc après, les premiers mots posés sont :
Elle : « Go, Go, Go !! Start the movement, en somme… »
[Et pour partager au mieux nos communautés, brasser les savoirs - toujours dans l'esprit TED - nous avons opté pour une écriture partagée et croisée i.e. Catherine (a.ka. Elle) intervient sur le blog de JN (a.k.a. Lui) et Lui intervient sur le blog d'Elle. Facile, non? Bonne double-lecture à tous!]
** How to Start a Movement with a Community? **
par Catherine Ertzscheid

Ne pas avoir peur du vide
Il y a peu, un pair et néanmoins ami me demandait : « tu ouvrirais un forum s’il n’y avait encore aucun membre inscrit? ». Ma réponse est oui.
Il faut une amorce, un contenu pertinent et si la première voix exprimée doit être la mienne alors ce sera pour inviter à la discussion et si le sujet ne prend pas c’est qu’il doit être reconsidéré soit dans la forme, soit dans le fond.
Si le travail de préparation a été correctement réalisé (notamment analyser et repérer la cible en adéquation avec les sujets discutés), il y a fort à parier pour que rapidement le forum prenne vie. La peur du vide ne sera plus qu’un léger tract si vous avez pensé votre stratégie.
Ne pas avoir peur du ridicule
Si vous avez réalisé le travail d’analyse préalable sur votre coeur de cible et que vous l’avez observé sur les sites ou plate-formes sur lesquels il évolue déjà, personne ne peut connaître votre communauté mieux que vous. Vous avez déjà une idée de ce qui peut la motiver. Qu’il s’agisse de sujets de discussion sérieux ou d’actions délirantes à vocation ludique, si vous avez des idées, exprimez-les! S’il vous semble opportun pour créer l’amorce de vous mettre à danser virtuellement, alors faites-le.
(crédit image : Michel et Augustin)
Ne pas avoir peur de partager
Sachez mettre en valeur votre premier arrivant, représentant de la première relation
Un community manager sans personne avec qui échanger n’est qu’un écrou isolé sans utilité. Il faut un second écrou pour former un mécanisme et donc donner de la valeur.
Si vous regardez la vidéo du Sasquatch Festival et les autres vidéos amateurs qui précèdent ce mouvement, vous constaterez que l’homme sans chemise reste seul à danser un moment. Mais rien y fait il est dans la conviction de son instant, il poursuit. Le mouvement collectif prendra naissance lorsque le premier arrivant s’approche et se met à danser avec lui.
Notez au passage le symbole de partage : l’homme sans chemise s’approche de lui, lui fait face et les deux hommes se mettent à danser en se tenant par les mains. Le mouvement est enclenché, l’individu dansant seul n’est plus le maillon isolé peut-être perçu comme « ridicule », par son interaction avec l’autre il passe le cap vers le collectif festif.
Savoir mettre en valeur les premiers membres de votre communauté
Les premiers arrivants sont, bien souvent, acquis à ce que vous leur proposez. Ils viennent soit par sympathie pour vous ou parce qu’ils sont particulièrement convaincus de ce que vous avez à leur proposer. Si vous savez les repérer, alimenter vos échanges avec eux et mieux leur donner des responsabilités dans la communauté, ils en seront les meilleurs gardiens.
Vos gardiens du temple donnent de leur temps et de leur matière grise pour la communauté, il lui font un don en quelque sorte. Sachez réaliser un contre-don pour qu’ils ne se sentent pas dans un mouvement unilatéral qui pourraient les conduire à l’épuisement. Valorisez-les, parlez d’eux! Interviewez-les et mettez-les en avant sur le blog communautaire par exemple.
Savoir travailler avec humilité, la diffusion se fera grâce aux primo-arrivants et non seulement grâce à vous
Le Web social est un splendide amplificateur par la capacité et la volonté des gens à propager des idées, actions, images, invitations à toutes sortes d’évènements… de la danse aux conférences. Si vous offrez de la qualité et de la sincérité, les relais se feront avec le temps et la quantité suivra. Jamais l’inverse ou alors vous aurez une communauté fantoche, numériquement attrayante mais socialement infertile.
Ne pas avoir peur d’échouer
Travailler avec des communautés, fussent-elles distancielles, c’est travailler avec de l’humain. Matériau sensible par excellence, s’il peut plier comme du roseau (résilience), il peut aussi se durcir comme un roc ou disparaitre comme neige au soleil.
« Je sais manager 15 personnes mais des milliers c’est beaucoup moins évident » me disait il y a quelques jours Benoît Thieulin, CEO de La Netscouade.
Bâtir une technologie-réseau est une chose, faire qu’elle devienne sociale en est une autre. Si l’on maîtrise la technologie, le recrutement et la fidélisation d’une comunauté d’individus recèle une part d’aléa qu’il faut accepter.
On ne commande pas une communauté, on l’invite.
On ne l’enferme pas, on lui offre les raisons de rester.
***
Lui : Elle (son Twitter : Catherine) est une n-ethnologue devenue Community Manager. Forte de multiples expériences dans des domaines variés (Santé, Culture, Média, Université…), elle officie, maintenant, en freelance et met au service de ses clients, ses nombreux talents et compétences, pour tirer le meilleur des stratégies médias sociaux et plus, particulièrement, autour de la gestion de vos communautés. Sans hésiter, elle sait comment démarrer le mouvement!
Et pour retrouver mes écrits (sur l’entrepreneuriat, donc), c’est sur le blog de Catherine!
Comment Ocean’s Eleven souligne la règle d’or, qui permet à toutes les entreprises de décrocher le jackpot
Posté par JN dans Entrepreneuriat, Stratégie le 2010/04/09
Reuben: You guys are pros. The best. I’m sure you can make it out of the casino.
[Ocean's Eleven, Steven Soderbergh]
[Nous allons développer avec Bruno des articles croisés sur des sujets, certes, liés à l'entrepreneuriat, mais abordés de manière plus récréative. Le tout, en vue de confronter nos idées, nos expériences et nos opinions et vous apporter des conseils, trucs et astuces. Donc n'hésitez pas à rebondir sur nos écrits pour nous critiquer et nous challenger.]
Mais qu’est ce que c’est que cette affiche? Où sont mes Brad Pitt et Georges Nespresso Clooney?
Bien entendu, j’aurais pu vous montrer le film – fort connu – mais, d’une pierre deux coups, avec cette simple illustration, je vais placer deux conseils :
Mon premier conseil sera de ne pas négliger les réalisations du passé. Appuyez-vous sur vos Monsieurs Miyagi (a.k.a.vos mentors. Je laisse la parole à Kim, qui en parle bien mieux que moi, sur son blog) pour dépasser vos objectifs initiaux et ne pas reproduire certaines erreurs passées. Veillez (tant sur le présent que sur le passé)!
Mon second conseil sera de ne pas être figé dans ses pré-requis. Il faut pensez hors des sentiers battus, en restant ouvert aux changements, à l’innovation et aux surprises.
Après ces deux conseils-bonus, abordons LA règle d’or, relayée de par Ocean’s Eleven, qui ne pourra qu’aider les wantrepreneurs*!
Il faut toujours (et je répète, toujours) s’entourer des meilleurs pour garantir le succès de son entreprise
A l’image de Danny Ocean, qui, avant même de penser à préparer son plan, commence à recruter une équipe de 10 maestro, spécialistes d’un domaine : de Linus (le pickpocket aux doigts de fée) à Basher (l’expert és explosifs), en passant par Livingston (le hacker magicien), Yen (l’homme sans colonne vertébrale et sans page Wiki) et bien sûr, Rusty (le roi du bluff), vous devez vous entourer des bonnes compétences et ce, quelques soient les affinités.
Trouver les meilleurs et faites leur une proposition qu’ils ne pourront pas refuser.
Certes, c’est une évidence! Une bonne mayonnaise ne sera vraiment bonne que si chaque ingrédient est au top.
Ne nous cantonnons pas aux exemples Jamie-Oliver-ien ( voire Maïté-ien) et prenons un cas concret de startup.
Voici l’histoire de deux copains, qui, au détour, d’une bière et d’un jus de tomate, trouvent une idée sympathique : « Et si on livrait des paquets aux gens, là où ils sont, au moment où ils le désirent? Fini, les levées du samedi matin et les heures d’attente à La Poste… » Et c’est parti, lançons un site internet, une application iPhone, une vidéo…
Mais aucun des deux ne possédait les compétences requises pour l’exécution complète du projet et nos compères sont donc partis en chasse, non pas d’un développeur mais de deux experts (l’un pour la partie web et l’autre pour la partie mobile) et, secoué au shaker, pas à la cuillère, et DelivrME est né, grâce à la magie de Fred et Ludo (et les conseils avisés de Bruno et moi-même)

Donc, oui, trouver de bons associés et une bonne équipe est la clef du succès. Mais, bien entendu, ce n’est jamais simple. Mais c’est déjà une autre histoire…
Pour plus de détails, au travers du regard d’autres entrepreneurs, je vous conseille l’article de Laurent sur sa recherche d’un cofondateur (CEO de SubMate) et la thématique de Guilhem sur l’association (responsable de l’incubateur HEC et écrivain, en devenir)
Et pour découvrir ce que peut recéler Ocean’s Eleven comme autre conseil pour un entrepreneur, foncez voir le 14ème Ocean, sur son blog : Bruno
* Un WANTREPRENEUR est un « wannabe-entrepreneur » i.e. un entrepreneur en devenir; quelqu’un qui n’a pas encore créé son entreprise mais qui en cours de création.
Pourquoi chaque entrepreneur a besoin de son Monsieur Miyagi?
Posté par JN dans Entrepreneuriat le 2010/03/30
[Cet article a été écrit en exclusivité pour le blog Enviedentreprendre]
« L’Homme qui attrape mouche avec des baguettes est Homme qui réussi tout!» [Monsieur Miyagi]
Parfois, sur le tortueux chemin de la création d’entreprise, on se sent perdu, abandonné, en proie aux doutes, pas à sa place, (temporairement) dépassé…un peu à l’image de Daniel LaRusso.
Issu du cultissime Karaté Kid, Daniel LaRusso est le prototype même du petit brun gringalet et sympa. Il emménage en Californie, loin de ses terres natales et débarque dans un nouveau lycée. Et comme vous pouvez le savoir, pas facile d’être un petit nouveau ! Puis, il tombe sous le charme d’une jolie blondinette, qui, bien sûr, est anciennement liée au chef d’un gang de blonds californiens / karatéka / motards du lycée. Daniel se fait agressé, frappé et humilié. Pour récupérer la fille et son orgueil, il doit se défendre ! Et c’est là, où intervient M. Miyagi.
Grâce aux conseils avisés et autres perles de sagesse, M. Miyagi enseigne à Daniel la défense par le karaté et ouvre ce dernier à une nouvelle vie : une initiation, en quelque sorte.
Quels conseils M. Miyagi a-t-il pu donner à Daniel, pour autant le transformer ? En quoi ces mêmes conseils pourraient servir à tous entrepreneurs ?
1. wax On / wax Off
« Wax on, wax off. Don’t forget to breath, very important. Wax on, wax off. Wax on, wax off.” M. Miyagi
Toutes les leçons de M. Miyagi reposent sur des tâches d’apparence anodines : laver la voiture, peindre la clôture… Et pourtant, au bout du compte, chacun des ses mouvements banaux sont des fondamentaux de karaté.
Chers entrepreneurs, pas un jour ne passera sans certaines tâches pénibles, anodines et non gratifiantes ! Les journées de prospection téléphonique où vous passerez et repasserez votre discours commercial, les déclarations fastidieuses d’URSSAF, les échanges (parfois piquants) quotidiens avec vos pairs sur votre business-model, toutes ces tâches, qui certes, ne sont pas des plus valorisantes mais chacune d’elles vous amènent un peu plus prêt de votre but : vous devenez plus précis dans vos arguments, vous adaptez certaines de vos offres afin de répondre au mieux à votre audience, vous anticipez vos déclarations fiscales (et avez même un rétro planning pour ces dernières).
Donc, ne négligez pas les bases, ne soyez pas rebuté, retroussez vos manches et lustrez !
« Le Loup et le Chien » de La Fontaine ou les vertus du discours argumentaire
Posté par JN dans Entrepreneuriat, Stratégie le 2010/03/16
« C’est à vous, s’il vous plaît, que ce discours s’adresse.» [Le Misanthrope - Molière]

Répondant à la demande de Bruno de « cuisiner moléculairement » (merci Twitter et son #TopChef) nos cellules grises, je m’attèle à lire et relire la fable du Loup et du Chien (La Fontaine ~ Livre I, 5), abordé également par Gilles Poupardin, pour extraire quelques pensées subtiles et pertinentes.
Connaissant son caractère indépendant et amateur de risques, il y a fort à parier que son article soit à son image, ode au Loup et à la liberté. Je n’irais donc pas sur son territoire ! Mais ce n’est qu’une supposition donc, si vous voulez vérifier, allez faire un tour chez le Loup, mon ami Bruno, sur L’entrepreneur est fou!
J’aurais pu évoquer la forme même de cet apologue, qui suit le classique « Instruire et Plaire », cher à La Fontaine (tuteur du Dauphin, à qu’il a dédié ses Fables), et glisser sur l’essence même du nouvel outil marketing qu’est le storytelling. J’aurais pu…
Je vais au contraire me focaliser sur le discours du Chien. En effet, son intelligence et sa pertinence ont failli coûter la liberté à l’animal sauvage et libre par essence qu’est le Loup.
Et le discours n’est-il pas l’outil principal de l’entrepreneur ?
En suivant ce parallèle avec le monde de l’entrepreneuriat, n’est-il pas essentiel pour un jeune entrepreneur de créer une connexion( voire un dialogue) avec ses clients, ses associés et ses partenaires financiers, tout en adaptant son discours à chaque type d’audience ?
Or, créer cette connexion ne dépend-elle pas de notre capacité à convaincre ?
(crédit : Le Figaro)
1. L’état même du dialogue entre deux opposants ne peut naître que par la volonté bilatérale de trouver une voie convergente.
Bien que sonnant un brin chinoisant, mon argument cherche à mettre en avant l’importance du terrain commun dans le dialogue, que ce soit lors d’une négociation ou d’une vente.
Adversaires de base, le Loup et le Chien vont pourtant réussir à dépasser leur nature pour dialoguer et échanger.
Tantôt Chien (ne pas craindre les rencontres), tantôt Loup (avec humilité) l’entrepreneur, lui aussi, doit faire fi de ses propres préjugés et pré-requis, pour s’ouvrir vers de nouvelles façons de voir le monde, de communiquer, de penser ses solutions. Que ce soit pour s’associer ou pour lever des fonds, il est important de trouver un terrain commun, de créer l’initiation, qui permettra par la suite, l’échange.
Dans le domaine de la séduction (basé sur The Game de Neil Strauss), on parle de « pick-up lines » : ces petites phrases qui vont créer la connivence et vont permettre l’initiation du dialogue (« Est-ce que le soleil vient de se lever ou c’est vous qui m’avez souri ? » ou « Je pense que je pourrais mourir heureux, maintenant, car je viens d’entrapercevoir un petit morceau de paradis »)
Blague à part, quelque soit votre audience, vous devez trouvez des bases communes, pour dialoguer sur un terrain neutre et fertile aux deux partis.
2. La stratégie gagnante du Chien ou l’argumentation implicite.
En deux parties, l’argumentation du Chien débute par la critique de la vie du Loup puis enchaîne par un éloge de sa propre vie, selon une progression réfléchie.
Dans un premier temps, la critique de la vie du Loup repose simplement sur la notion de choix et la généralisation d’une situation reconnue. En mettant en avant l’inexorabilité de cette loi (« Vos pareils y sont misérables »), le Chien ne blesse pas l’orgueil du Loup, tout en lui montrant respect et politesse. Et le Loup ne peut qu’acquiescer implicitement ce possible changement.
En parallélisant avec le monde de l’entrepreneuriat : lors de vos pitchs, soyez toujours ponctuels, gardez un langage poli et respectueux, mettez-vous à la place de votre audience et surtout, réfléchissez en amont à votre stratégie, pour anticiper les interrogations et les réflexions.
Dans un second temps donc, le Chien enchaîne par l’éloge de sa vie, en minimisant certains points (les devoirs), en maximisant d’autres (les récompenses) et en jouant sur l’argument massif qui est d’obtenir ce qu’on n’a pas, i.e. dans cette fable les caresses et la tendresse, pour le Loup.
Idem que précédemment, dans vos pitchs, soyez malins, jouez avec vos arguments, vos silences, votre prestance scénique. Sachez également décoder votre audience – sans tomber dans The Mentalist, pour les adeptes.
Et surtout, gardez bien en tête que la valeur ajoutée de votre entreprise réside dans sa capacité à innover et à apporter une réponse à des attentes non satisfaites.

3. La victoire du Chien ou comment la perception est tout.
Sans un mot, le Loup pleure et imagine son bonheur futur.
En se basant sur les mêmes ressorts que Le Silence des Agneaux (l’imagination a plus d’impact que la vision), le Chien convainc le Loup, par une perception du bonheur.
Ce point est important pour un entrepreneur, car, pour un même service proposé à plusieurs clients, chacun d’entre eux percevra le coût selon sa propre expérience, ses besoins, ses attentes. Et il n’est pas rare d’entendre l’un dire que le service est trop cher alors que l’autre serait prêt à payer plus, tout est dans la perception du coût de l’offre. Soyez donc attentif, à ces non-dits et ces perceptions.
(crédit : P. Geluck)
Pour résumé, que vous soyez Loup ou Chien, peu importe !
Votre discours doit s’adapter à votre public, être construit et pertinent.
Il doit être inspirant, simple et clair, s’appuyer sur une introduction ouverte, créant la connivence, enchaîner sur des arguments tout autant factuels que perçus positivement et se conclure sur un accord mutuel entre l’auditoire et l’auditeur. Le tout sans craindre les retournements de situation impromptus (qui arrivent, parfois…), donc en étant bien préparés.
Et pour un coup de pouce (pas tout à fait dans l’idée de celui de la Vache Qui Rit, mais presque), vous pouvez vous procurer le livre de Connie Dieken : Parler moins pour en dire plus et aux dires de Matthieu Scherrer, rédacteur en chef de Management : « Pas de bavardage inutile, de nombreux et précieux conseils rédigés dans un style limpide. Une lecture recommandée à tous ceux pour qui convaincre est une obligation quotidienne » (via le blog des Editions Diateino)
Start-Up Your Life : Guillaume Martin de Pictarine
Posté par JN dans Entrepreneuriat le 2010/03/11
Reprenons les échanges avec des startupers (débutés avec Cyril) en invitant Guillaume, qui est l’un des trois fondateurs de Pictarine, un réseau social, orienté photo (Et pour en savoir plus le site, l’article dans la Tribune ou la Démo Interview, en fin d’article via JF Ruiz)

Bonjour Guillaume, peux-tu te présenter en quelques lignes, ainsi que ta petite entreprise?
Bonjour, je suis donc Guillaume Martin (a.k.a Deuterome), j’ai 30 ans et mes études ont été orientées informatique et cryptographie (avant le Da Vinci Code), avec une orientation télécoms et progiciel. J’ai passé 5 ans en SSII dont 2 ans chez France Télécom puis 3 ans en tant que chef de projet finance. C’est durant cette mission que j’ai rencontré celui qui est devenu mon associé : Maxime Rafalimanana (son blog avec l’annonce de Pictarine)
L’idée de base est simple : à chaque soirée (ou événement) et grâce à l’essor des numériques, tout le monde fait des centaines de photos et pourtant, il est ardu de pouvoir toutes les récupérer, de par la multitude des sources (Picasa, Facebook, Flickr…)
Pictarine a été lancé, il y a 10 mois, pour pallier ce manque : c’est un mash-up entre un réseau social et un site de partage de photos ; i.e., en créant un « zest » (un album partagé), tu autorises les personnes de ton choix (et ce quelque soit son réseau initial) à partager, commenter, ajouter des photos, en toute sécurité.
Pictarine est là, pour permettre de revivre l’événement, après coup, grâce à la magie des photos et du partage.
Et par rapport à tes concurrents, comment te positionnes-tu ?
Nos trois grands avantages sont notre place en tant que réseau social et non seulement, en tant qu’un simple site de partage de photo ; l’aspect transverse de notre produit : on ne se limite à aucune plateforme, on « mashup » tout ; et, l’aspect collaboratif, interactionnel du produit.
Et vous êtes combien pour réussir tout ça, aujourd’hui ?
Nous sommes trois, avec une répartition par domaine : technique pour Maxime, design pour Guillain et business (avec une pointe de technique) pour moi.
Nous sommes également en recherche d’un profil technique (spécialisé en web et CSS) pour renforcer l’équipe.
Pour une première expérience entrepreneuriale, tout à l’air de bien rouler, non ?
Nous nous sommes donc lancés, il y a 10 mois, et après un début euphorique et une sensation de liberté intense, nous nous sommes astreints à une plus grande rigueur avec pour objectif de sortir un produit en 8 mois. Premier pari, tenu ! Nous sommes en train de déposer nos statuts pour monter une SAS (et ce point là fut difficile ; car, en France, pour trouver des informations et de l’aide, c’est la croix, la bannière) et de recueillir les premiers retours de nos utilisateurs.
Nos prochains objectifs sont d’enrichir Pictarine avec de nouvelles fonctionnalités (pour augmenter la viralité et le partage, entre autre) puis d’évoluer, dans un second temps, vers des offres payantes.
Quel est l’ouvrage d’entrepreneuriat qui t’a le plus marqué ?
Sans hésiter, je parlerais de La réalité de l’Entrepreneuriat de Guy Kawasaki (aux Editions Diateino, dans sa version française) qui est une source d’inspiration et de conseils pratiques.
Dernièrement, je suis en train d’étudier Inbounds Marketing de Brian Halligan, afin d’en apprendre plus sur le positionnement d’un produit sur le web, sur la stratégie de blogging et le marketing 2.0, en général.
A ton tour de passer le relais et de transmettre un peu de sagesse pour les générations futures, qui ont des aspirations créatrices, que leur dirais-tu?
De bien se renseigner sur leur métier, de se lancer rapidement et de ne pas avoir peur de parler de ses idées.
Un mot de la fin voire « un zeste d’humour » ?
Juste pour préciser que, chez Pictarine, l’innovation nous tient à cœur et que notre but est de créer la différence pour créer la valeur.
Merci Guillaume, bon courage pour vos prochaines étapes et à bientôt pour la suite des aventures de Pictarine, que nous souhaitons sans pépin !
Etre Entrepreneur, ce n’est pas être un « Patron »?
Posté par JN dans Entrepreneuriat le 2010/01/28
A l’initiative de Bruno et de sa « semaine spéciale », j’expose mes réflexions sur Etre Entrepreneur ce n’est pas être « Patron », sur son blog? (D’ailleurs cet article n’est qu’une reprise de l’article posté chez lui)
Sujet interpellant au départ mais ô combien pertinent en le creusant un peu !
Lançons le débat par une petite devinette !
Qu’ont en commun la couture, l’informatique et la navigation de plaisance?
Facile… Tous ces domaines techniques, à l’instar des grandes entreprises et des startups, comportent tous, la notion de patron!
***
Pour la couture, un patron est un modèle, un plan, qui va ouvrir la voie à la réplication.
Sans conteste, l’entrepreneur est celui qui monte en tête, qui prend les risques, qui est le premier de cordée . Il est celui qui trace le chemin, qui fait les choses autrement, sans crainte de bousculer les idées reçues; celui qui affronte les rires et les quolibets (tel que l’initiative des entrepreneurs vus dans jesuisunclown.com) , sans ciller, sûr de ses objectifs!
Pour l’informatique, un patron de conception (design pattern, pour nos amis geeks) est une façon de coder reconnue pour apporter robustesse et cohérence.
De même, l’entrepreneur se doit d’être un patron (donc robuste et cohérent) pour tenir face aux refus des investisseurs ou des banquiers, face aux complexités administratives (cf. Astérix et ses 12 travaux), face au principe de réalité qui empêchent les rêves de s’épanouir…
Et enfin, pour la navigation de plaisance, un patron est le commandant d’un petit bateau soit un skipper (en bon français!)
L’entrepreneur, tout comme le skipper, est celui qui tient la barre et contrôle la voilure! Une seule cible et s’y consacrer entièrement, maîtriser au mieux l’environnement (parfois hostiles), faire corps avec son équipe et croire en son potentiel. Peu de différences entre un skipper se lançant à l’assaut de l’America’s Cup et un entrepreneur lançant sa startup !
Donc, OUI, être un Entrepreneur, c’est être un patron mais celui avec un petit p, celui du sens technique.
C’est celui qui met la main à la patte – voire celui qui fait le ménage, celui qui guide et n’est pas effrayé de monter en tête, celui qui est robuste et cohérent face à ses pairs et à l’adversité, celui qui est le skipper de son entreprise!
Et vous, qu’en pensez-vous?
Des bienfaits de l’enseignement pour un entrepreneur (et les autres!)
Posté par JN dans Entrepreneuriat le 2010/01/22
“We don’t need no education
We don’t need no thought control
No dark sarcasm in the classroom
Teacher leave them kids alone
Hey teacher leave them kids alone”
(Pink Floyd – Another Brick in the Wall)
Depuis bientôt 4 ans, j’enseigne en écoles (ingénieurs, universités…) et en entreprises, différentes matières liées à mon parcours professionnel, telles que: Management de Projets Internationaux, Méthodologie d’Entrepreneuriat et Stratégie d’Entreprise.
Et étonnement, passées les heures de préparation et la peur de se retrouver devant 138 Esprits Rebelles, je me suis mis à vraiment aimer enseigner, partager des anecdotes et conseils, répondre à des questions sur des sujets jugés (arbitrairement!) évidents, échanger sur certaines expériences….
D’où ma question : « Enseigner, ne nous permettrait-il pas d’être plus efficace en tant qu’entrepreneur ? »
(crédit photo : toutlecine.com)
Il est clair que certaines qualités nécessaires à un enseignant (formateur, présentateur…) sont également des qualités de base pour un entrepreneur.
Après tout, un entrepreneur n’est-il pas un enseignant permanent (sur lui-même, sur son produit ou service, sur ses choix…) et avec des audiences différentes (ses pairs, ses clients, ses investisseurs…)?
Donc, voici quelques points communs à ces deux mondes :
- L’engagement.
Enseigner (former, transmettre…) est avant tout une communication bilatérale: si vous n’êtes pas engagé pleinement, restez chez vous ! Et si votre public n’est pas engagé, tous vos efforts ne serviront à rien. Vous devez intéresser votre public, faire en sorte qu’il soit enthousiaste, excité par ce qu’il va apprendre. Connais-toi toi-même et connais ton audience !
- L’adaptabilité
Savoir réagir aux questions les plus machiavéliques (ou innocentes!), adapter son discours au niveau de son public, muter vers des exemples plus parlant pour eux.
- La clarté
Qui n’est jamais tombé sur un exercice simple qui a été rendu plus que complexe par un énoncé sombre et brouillon ?
Souvent les gens compliquent les choses pour paraître plus intelligents donc soyez plus fins et simplifiez-les !
- La détermination
Votre public a besoin d’une cible, d’objectifs clairs et définis. Si votre enseignement est trop vague ou abstrait voire conceptuel, votre public se perdra.
- L’inspiration
N’est-ce pas la plus belle des victoires que de voir se révéler le talent endormi d’un étudiant proche du radiateur (ou d’ailleurs !) ? Repensons au film de Peter Weir : Le Cercle des Poètes Disparus (voire Le Sourire de Mona Lisa, pour les fans de Julia Roberts) pour inspirer notre public !
Et vous, pensez-vous que l’enseignement puisse aider à l’entrepreneuriat?
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