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« Le Loup et le Chien » de La Fontaine ou les vertus du discours argumentaire
« C’est à vous, s’il vous plaît, que ce discours s’adresse.» [Le Misanthrope - Molière]

Répondant à la demande de Bruno de « cuisiner moléculairement » (merci Twitter et son #TopChef) nos cellules grises, je m’attèle à lire et relire la fable du Loup et du Chien (La Fontaine ~ Livre I, 5), abordé également par Gilles Poupardin, pour extraire quelques pensées subtiles et pertinentes.
Connaissant son caractère indépendant et amateur de risques, il y a fort à parier que son article soit à son image, ode au Loup et à la liberté. Je n’irais donc pas sur son territoire ! Mais ce n’est qu’une supposition donc, si vous voulez vérifier, allez faire un tour chez le Loup, mon ami Bruno, sur L’entrepreneur est fou!
J’aurais pu évoquer la forme même de cet apologue, qui suit le classique « Instruire et Plaire », cher à La Fontaine (tuteur du Dauphin, à qu’il a dédié ses Fables), et glisser sur l’essence même du nouvel outil marketing qu’est le storytelling. J’aurais pu…
Je vais au contraire me focaliser sur le discours du Chien. En effet, son intelligence et sa pertinence ont failli coûter la liberté à l’animal sauvage et libre par essence qu’est le Loup.
Et le discours n’est-il pas l’outil principal de l’entrepreneur ?
En suivant ce parallèle avec le monde de l’entrepreneuriat, n’est-il pas essentiel pour un jeune entrepreneur de créer une connexion( voire un dialogue) avec ses clients, ses associés et ses partenaires financiers, tout en adaptant son discours à chaque type d’audience ?
Or, créer cette connexion ne dépend-elle pas de notre capacité à convaincre ?
(crédit : Le Figaro)
1. L’état même du dialogue entre deux opposants ne peut naître que par la volonté bilatérale de trouver une voie convergente.
Bien que sonnant un brin chinoisant, mon argument cherche à mettre en avant l’importance du terrain commun dans le dialogue, que ce soit lors d’une négociation ou d’une vente.
Adversaires de base, le Loup et le Chien vont pourtant réussir à dépasser leur nature pour dialoguer et échanger.
Tantôt Chien (ne pas craindre les rencontres), tantôt Loup (avec humilité) l’entrepreneur, lui aussi, doit faire fi de ses propres préjugés et pré-requis, pour s’ouvrir vers de nouvelles façons de voir le monde, de communiquer, de penser ses solutions. Que ce soit pour s’associer ou pour lever des fonds, il est important de trouver un terrain commun, de créer l’initiation, qui permettra par la suite, l’échange.
Dans le domaine de la séduction (basé sur The Game de Neil Strauss), on parle de « pick-up lines » : ces petites phrases qui vont créer la connivence et vont permettre l’initiation du dialogue (« Est-ce que le soleil vient de se lever ou c’est vous qui m’avez souri ? » ou « Je pense que je pourrais mourir heureux, maintenant, car je viens d’entrapercevoir un petit morceau de paradis »)
Blague à part, quelque soit votre audience, vous devez trouvez des bases communes, pour dialoguer sur un terrain neutre et fertile aux deux partis.
2. La stratégie gagnante du Chien ou l’argumentation implicite.
En deux parties, l’argumentation du Chien débute par la critique de la vie du Loup puis enchaîne par un éloge de sa propre vie, selon une progression réfléchie.
Dans un premier temps, la critique de la vie du Loup repose simplement sur la notion de choix et la généralisation d’une situation reconnue. En mettant en avant l’inexorabilité de cette loi (« Vos pareils y sont misérables »), le Chien ne blesse pas l’orgueil du Loup, tout en lui montrant respect et politesse. Et le Loup ne peut qu’acquiescer implicitement ce possible changement.
En parallélisant avec le monde de l’entrepreneuriat : lors de vos pitchs, soyez toujours ponctuels, gardez un langage poli et respectueux, mettez-vous à la place de votre audience et surtout, réfléchissez en amont à votre stratégie, pour anticiper les interrogations et les réflexions.
Dans un second temps donc, le Chien enchaîne par l’éloge de sa vie, en minimisant certains points (les devoirs), en maximisant d’autres (les récompenses) et en jouant sur l’argument massif qui est d’obtenir ce qu’on n’a pas, i.e. dans cette fable les caresses et la tendresse, pour le Loup.
Idem que précédemment, dans vos pitchs, soyez malins, jouez avec vos arguments, vos silences, votre prestance scénique. Sachez également décoder votre audience – sans tomber dans The Mentalist, pour les adeptes.
Et surtout, gardez bien en tête que la valeur ajoutée de votre entreprise réside dans sa capacité à innover et à apporter une réponse à des attentes non satisfaites.

3. La victoire du Chien ou comment la perception est tout.
Sans un mot, le Loup pleure et imagine son bonheur futur.
En se basant sur les mêmes ressorts que Le Silence des Agneaux (l’imagination a plus d’impact que la vision), le Chien convainc le Loup, par une perception du bonheur.
Ce point est important pour un entrepreneur, car, pour un même service proposé à plusieurs clients, chacun d’entre eux percevra le coût selon sa propre expérience, ses besoins, ses attentes. Et il n’est pas rare d’entendre l’un dire que le service est trop cher alors que l’autre serait prêt à payer plus, tout est dans la perception du coût de l’offre. Soyez donc attentif, à ces non-dits et ces perceptions.
(crédit : P. Geluck)
Pour résumé, que vous soyez Loup ou Chien, peu importe !
Votre discours doit s’adapter à votre public, être construit et pertinent.
Il doit être inspirant, simple et clair, s’appuyer sur une introduction ouverte, créant la connivence, enchaîner sur des arguments tout autant factuels que perçus positivement et se conclure sur un accord mutuel entre l’auditoire et l’auditeur. Le tout sans craindre les retournements de situation impromptus (qui arrivent, parfois…), donc en étant bien préparés.
Et pour un coup de pouce (pas tout à fait dans l’idée de celui de la Vache Qui Rit, mais presque), vous pouvez vous procurer le livre de Connie Dieken : Parler moins pour en dire plus et aux dires de Matthieu Scherrer, rédacteur en chef de Management : « Pas de bavardage inutile, de nombreux et précieux conseils rédigés dans un style limpide. Une lecture recommandée à tous ceux pour qui convaincre est une obligation quotidienne » (via le blog des Editions Diateino)
Start-Up Your Life : Guillaume Martin de Pictarine
Posté par JN dans Entrepreneuriat le 2010/03/11
Reprenons les échanges avec des startupers (débutés avec Cyril) en invitant Guillaume, qui est l’un des trois fondateurs de Pictarine, un réseau social, orienté photo (Et pour en savoir plus le site, l’article dans la Tribune ou la Démo Interview, en fin d’article via JF Ruiz)

Bonjour Guillaume, peux-tu te présenter en quelques lignes, ainsi que ta petite entreprise?
Bonjour, je suis donc Guillaume Martin (a.k.a Deuterome), j’ai 30 ans et mes études ont été orientées informatique et cryptographie (avant le Da Vinci Code), avec une orientation télécoms et progiciel. J’ai passé 5 ans en SSII dont 2 ans chez France Télécom puis 3 ans en tant que chef de projet finance. C’est durant cette mission que j’ai rencontré celui qui est devenu mon associé : Maxime Rafalimanana (son blog avec l’annonce de Pictarine)
L’idée de base est simple : à chaque soirée (ou événement) et grâce à l’essor des numériques, tout le monde fait des centaines de photos et pourtant, il est ardu de pouvoir toutes les récupérer, de par la multitude des sources (Picasa, Facebook, Flickr…)
Pictarine a été lancé, il y a 10 mois, pour pallier ce manque : c’est un mash-up entre un réseau social et un site de partage de photos ; i.e., en créant un « zest » (un album partagé), tu autorises les personnes de ton choix (et ce quelque soit son réseau initial) à partager, commenter, ajouter des photos, en toute sécurité.
Pictarine est là, pour permettre de revivre l’événement, après coup, grâce à la magie des photos et du partage.
Et par rapport à tes concurrents, comment te positionnes-tu ?
Nos trois grands avantages sont notre place en tant que réseau social et non seulement, en tant qu’un simple site de partage de photo ; l’aspect transverse de notre produit : on ne se limite à aucune plateforme, on « mashup » tout ; et, l’aspect collaboratif, interactionnel du produit.
Et vous êtes combien pour réussir tout ça, aujourd’hui ?
Nous sommes trois, avec une répartition par domaine : technique pour Maxime, design pour Guillain et business (avec une pointe de technique) pour moi.
Nous sommes également en recherche d’un profil technique (spécialisé en web et CSS) pour renforcer l’équipe.
Pour une première expérience entrepreneuriale, tout à l’air de bien rouler, non ?
Nous nous sommes donc lancés, il y a 10 mois, et après un début euphorique et une sensation de liberté intense, nous nous sommes astreints à une plus grande rigueur avec pour objectif de sortir un produit en 8 mois. Premier pari, tenu ! Nous sommes en train de déposer nos statuts pour monter une SAS (et ce point là fut difficile ; car, en France, pour trouver des informations et de l’aide, c’est la croix, la bannière) et de recueillir les premiers retours de nos utilisateurs.
Nos prochains objectifs sont d’enrichir Pictarine avec de nouvelles fonctionnalités (pour augmenter la viralité et le partage, entre autre) puis d’évoluer, dans un second temps, vers des offres payantes.
Quel est l’ouvrage d’entrepreneuriat qui t’a le plus marqué ?
Sans hésiter, je parlerais de La réalité de l’Entrepreneuriat de Guy Kawasaki (aux Editions Diateino, dans sa version française) qui est une source d’inspiration et de conseils pratiques.
Dernièrement, je suis en train d’étudier Inbounds Marketing de Brian Halligan, afin d’en apprendre plus sur le positionnement d’un produit sur le web, sur la stratégie de blogging et le marketing 2.0, en général.
A ton tour de passer le relais et de transmettre un peu de sagesse pour les générations futures, qui ont des aspirations créatrices, que leur dirais-tu?
De bien se renseigner sur leur métier, de se lancer rapidement et de ne pas avoir peur de parler de ses idées.
Un mot de la fin voire « un zeste d’humour » ?
Juste pour préciser que, chez Pictarine, l’innovation nous tient à cœur et que notre but est de créer la différence pour créer la valeur.
Merci Guillaume, bon courage pour vos prochaines étapes et à bientôt pour la suite des aventures de Pictarine, que nous souhaitons sans pépin !
http://www.vimeo.com/9919807Etre Entrepreneur, ce n’est pas être un « Patron »?
Posté par JN dans Entrepreneuriat le 2010/01/28
A l’initiative de Bruno et de sa « semaine spéciale », j’expose mes réflexions sur Etre Entrepreneur ce n’est pas être « Patron », sur son blog? (D’ailleurs cet article n’est qu’une reprise de l’article posté chez lui)
Sujet interpellant au départ mais ô combien pertinent en le creusant un peu !
Lançons le débat par une petite devinette !
Qu’ont en commun la couture, l’informatique et la navigation de plaisance?
Facile… Tous ces domaines techniques, à l’instar des grandes entreprises et des startups, comportent tous, la notion de patron!
***
Pour la couture, un patron est un modèle, un plan, qui va ouvrir la voie à la réplication.
Sans conteste, l’entrepreneur est celui qui monte en tête, qui prend les risques, qui est le premier de cordée . Il est celui qui trace le chemin, qui fait les choses autrement, sans crainte de bousculer les idées reçues; celui qui affronte les rires et les quolibets (tel que l’initiative des entrepreneurs vus dans jesuisunclown.com) , sans ciller, sûr de ses objectifs!
Pour l’informatique, un patron de conception (design pattern, pour nos amis geeks) est une façon de coder reconnue pour apporter robustesse et cohérence.
De même, l’entrepreneur se doit d’être un patron (donc robuste et cohérent) pour tenir face aux refus des investisseurs ou des banquiers, face aux complexités administratives (cf. Astérix et ses 12 travaux), face au principe de réalité qui empêchent les rêves de s’épanouir…
Et enfin, pour la navigation de plaisance, un patron est le commandant d’un petit bateau soit un skipper (en bon français!)
L’entrepreneur, tout comme le skipper, est celui qui tient la barre et contrôle la voilure! Une seule cible et s’y consacrer entièrement, maîtriser au mieux l’environnement (parfois hostiles), faire corps avec son équipe et croire en son potentiel. Peu de différences entre un skipper se lançant à l’assaut de l’America’s Cup et un entrepreneur lançant sa startup !
Donc, OUI, être un Entrepreneur, c’est être un patron mais celui avec un petit p, celui du sens technique.
C’est celui qui met la main à la patte – voire celui qui fait le ménage, celui qui guide et n’est pas effrayé de monter en tête, celui qui est robuste et cohérent face à ses pairs et à l’adversité, celui qui est le skipper de son entreprise!
Et vous, qu’en pensez-vous?
Des bienfaits de l’enseignement pour un entrepreneur (et les autres!)
Posté par JN dans Entrepreneuriat le 2010/01/22
“We don’t need no education
We don’t need no thought control
No dark sarcasm in the classroom
Teacher leave them kids alone
Hey teacher leave them kids alone”
(Pink Floyd – Another Brick in the Wall)
Depuis bientôt 4 ans, j’enseigne en écoles (ingénieurs, universités…) et en entreprises, différentes matières liées à mon parcours professionnel, telles que: Management de Projets Internationaux, Méthodologie d’Entrepreneuriat et Stratégie d’Entreprise.
Et étonnement, passées les heures de préparation et la peur de se retrouver devant 138 Esprits Rebelles, je me suis mis à vraiment aimer enseigner, partager des anecdotes et conseils, répondre à des questions sur des sujets jugés (arbitrairement!) évidents, échanger sur certaines expériences….
D’où ma question : « Enseigner, ne nous permettrait-il pas d’être plus efficace en tant qu’entrepreneur ? »
(crédit photo : toutlecine.com)
Il est clair que certaines qualités nécessaires à un enseignant (formateur, présentateur…) sont également des qualités de base pour un entrepreneur.
Après tout, un entrepreneur n’est-il pas un enseignant permanent (sur lui-même, sur son produit ou service, sur ses choix…) et avec des audiences différentes (ses pairs, ses clients, ses investisseurs…)?
Donc, voici quelques points communs à ces deux mondes :
- L’engagement.
Enseigner (former, transmettre…) est avant tout une communication bilatérale: si vous n’êtes pas engagé pleinement, restez chez vous ! Et si votre public n’est pas engagé, tous vos efforts ne serviront à rien. Vous devez intéresser votre public, faire en sorte qu’il soit enthousiaste, excité par ce qu’il va apprendre. Connais-toi toi-même et connais ton audience !
- L’adaptabilité
Savoir réagir aux questions les plus machiavéliques (ou innocentes!), adapter son discours au niveau de son public, muter vers des exemples plus parlant pour eux.
- La clarté
Qui n’est jamais tombé sur un exercice simple qui a été rendu plus que complexe par un énoncé sombre et brouillon ?
Souvent les gens compliquent les choses pour paraître plus intelligents donc soyez plus fins et simplifiez-les !
- La détermination
Votre public a besoin d’une cible, d’objectifs clairs et définis. Si votre enseignement est trop vague ou abstrait voire conceptuel, votre public se perdra.
- L’inspiration
N’est-ce pas la plus belle des victoires que de voir se révéler le talent endormi d’un étudiant proche du radiateur (ou d’ailleurs !) ? Repensons au film de Peter Weir : Le Cercle des Poètes Disparus (voire Le Sourire de Mona Lisa, pour les fans de Julia Roberts) pour inspirer notre public !
Et vous, pensez-vous que l’enseignement puisse aider à l’entrepreneuriat?
Franchir la ligne ou les leçons d’entrepreneuriat d’un marathon
Posté par JN dans Entrepreneuriat le 2009/12/23
Franchir la ligne d’arrivée d’un marathon est une sensation absolument hors du commun.
Distance mythique mais ô combien cruelle, franchir cette ligne au bout des 42,195 kilomètres de souffrance, de doutes et de remises en cause est l’un des sentiments les plus libérateurs et les plus jouissifs possibles. C’est la consécration, la récompense ultime de semaines, de mois, d’années de préparation, de sacrifices et de douleur.

(crédit photo : lefigaro.fr)
Cette leçon d’humilité, de courage et de persévérance est sans aucun doute un écho à l’entrepreneuriat !
Chacune des étapes d’un marathon sont autant d’étapes pour un entrepreneur. Décomposons-les ainsi :
- La préparation
- Misez sur les bons partenaires
- L’engagement
- Le départ
- Tenez bon !
- Finir
1. Sitôt les pré-requis validés, c’est parti pour des semaines voire des mois de préparation méticuleuse, de recherches sur vos concurrents, sur le parcours… Rien ne doit être laissé au hasard : rigueur et discipline s’imposent. Les objectifs doivent avoir été fixés (sur le temps de course ou le classement d’un côté, sur le plan prévisionnel de trésorerie ou le pitch, de l’autre), ce qui aura un impact fort sur la structuration de vos entraînements. Rappellez-vous que « les grandes choses ne sont pas accomplies par impulsion, mais plutôt par une série de petites choses mises ensemble » (Merci M. Van Gogh)
2. S’entraîner, enchaîner les kilomètres est un incontournable. Cependant, d’autres facteurs non négligeables sont à prendre en compte tels que votre équipement (pas facile de trouver chaussure à son pied), votre alimentation, votre hydratation…
Ce qui est entièrement vrai en création d’entreprise également : beaucoup de créateurs restent concentrés (obnubilés) sur leur produit ou service principal (qui est certes important) mais peut conduire à certaines négligences sur l’équipement, la communication, l’optimisation de la trésorerie, les dossiers d’aide…
De plus, rien n’est plus motivant que de s’entraîner en groupe : chacun partageant ses expériences, ses conseils et ses expertises ; ainsi que de laisser les « autres détails techniques » à des professionnels (kinésithérapeute pour les uns, expert-comptable pour les autres)
3. L’engagement ou plutôt le Kairos (i.e. le temps de l’occasion opportune)
Ce moment clef où le cœur bat, où nous nous jetons à l’eau, en nous disant « Just F** Do It » (Merci Nike)
Ce moment où nous nous engageons contractuellement à participer, à suer sang et eau pour que cela fonctionne, à nous demander si on aura l’énergie nécessaire pour tenir le choc et le courage de persévérer…
Ce moment où nous entrapercevons tous les obstacles à contourner, tous les plans B, C, D voire E à écrire, tous les scénarios de réussites et d’échecs, toutes nos limites…
Ce moment-là, où tout bascule !
4. Le coup de feu retentit et vous partez, tête baissée, galvanisé par les cris de la foule…Intensité du moment, nouvelle dynamique qui se lance ! Vous êtes préparé, votre équipement est ok…Mais ne vous perdez pas, ne vous noyez pas dans l’euphorie, respectez votre rythme, capitalisez sur vos ressources, pensez au long-terme, pensez à la tortue (Merci La Fontaine)
5. Terminer un marathon, tout comme créer son entreprise, est avant tout une question de mental : il faut dépasser sa fatigue, persévérer, trouver les ressources au fond de nous (et autour de nous) pour avancer.
A un moment (aux alentours du km 24 ou de la première année, si le marché est timide), une chape de plomb va s’abattre sur vous et vos jambes refuseront d’avancer. Pour dépasser ce point, trois stratégies s’ouvriront à vous : abandonner (pour ne pas se brûler les ailes et ainsi espérer se remettre sur une autre ligne de départ), changer de tactique (adopter un nouveau rythme, une nouvelle politique, de nouvelles orientations) ou continuer (en gardant la foi) ! Seth Godin a très bien illustré ce point dans The Dip.
6. Finir !
Ce qui n’est pas forcément synonyme de descendre sous la barre des 2h03min59s (record mondial, établi en 2008) ou de faire fortune et partir à Hawaï pour passer ses journées à surfer mais simplement valider ses objectifs, qui peuvent être simplement d’avoir terminé la course ou la signature de son premier client.
Dans tous les cas, quand vous vous engagez sur un marathon ou que vous créez votre entreprise, pensez avant tout à votre préparation tant physique que mentale, pensez au-delà de l’euphorie du départ, pensez à la souffrance du km 24 et demandez-vous, en votre âme et conscience, si vous réussirez à atteindre la ligne d’arrivée.
Et si, plein de courage et de persévérance, vous ne voyez que des réponses positives, alors, chaussez vos baskets et foncez !
Start-Up Your Life : Cyril de Ready2Drive
Posté par JN dans Entrepreneuriat le 2009/10/28
Inaugurant une nouvelle rubrique de ce blog et suivant l’adage populaire « À tout seigneur, tout honneur » je me devais, par conséquent, remercier Guilhem BERTHOLET (via son blog ou twitter), qui est la source d’inspiration quant à ces échanges avec des créateurs d’entreprise. N’hésitez pas à le suivre!
Nous ouvrons les festivités avec Cyril, co-fondateur de Ready2Drive, dont le métier est la gestion de parc automobile de luxe avec service de conciergerie.

Bonjour Cyril ! De manière très traditionnelle, commençons par quelques mots sur toi et sur comment est né Ready2Drive.
Bonjour JN ! Je suis donc Cyril, co-fondateur de Ready2Drive. J’ai 36 ans, je suis ingénieur en mécanique, avec un double diplôme France et UK. J’ai passé plusieurs années dans diverses entreprises, de toute taille et mon envie de créer est venu avant tout de mon inadéquation face à certaines valeurs des sociétés, à l’étroitesse de certains systèmes. De plus, je suis engagé dans le milieu de l’automobile de luxe depuis mes 16 ans (et successivement propriétaire de petits bijoux !)
Ready2Drive a été créée en Juin 2008, a démarré son activité opérationnelle en Septembre 2008 et a généré ses premiers revenus dès Février 2009 et est aujourd’hui rentable, moins d’un an après son lancement.
Une success-story, en somme ?
Pour l’instant, je ne me plains pas, la chance est de mon côté.
Je travaille à plein temps et mon associé, une journée par semaine. Aujourd’hui, nous sommes conscients d’être sur un marché de niche et de proximité et notre croissance passe par la diversification des services tels que l’organisation d’évènements (i.e. des sorties sur circuit et des week-ends à travers la France…)

Ready2Drive est donc l’incarnation du « Rien de grand ne se fait sans Passion» (Hegel) ?
La passion n’est pas forcément le plus puissant des moteurs : il peut être l’élément déclencheur mais la réussite vient avant tout de la compétence.
La passion se cultive mais doit avant tout se vivre pleinement dans l’engagement. Aimer les voitures de luxe en achetant un magazine et en allant à des salons ne suffit pas : il faut la vivre pleinement et acquérir des compétences qui conduiront à une réelle crédibilité et donc à une réussite.
Te manque-t-il quelque chose pour être au top ?
Mon gros souci à l’heure actuelle est mon manque de compétences en optimisation fiscale, i.e. ne pas payer trop d’impôts, anticiper mes flux de trésorerie… Et malheureusement, un comptable ne peut pas apporter ses conseils.
A ton tour de passer le relais et de transmettre un peu de sagesse pour les générations futures, qui ont des aspirations créatrices, que leur dirais-tu?
Je dirais qu’entreprendre, c’est être rigoureux, compétent et un soupçon, passionné.
Il ne faut pas se sous-estimer mais il est important également d’être honnête avec soi-même, de ne pas se jeter de fleurs et de ne pas faire preuve de fausse complaisance : ce n’est pas parce que l’on a la fibre entrepreneuriale, que l’on peut se lancer sur tout et n’importe quoi.
Merci Cyril ! Et Bonne Route à Ready2Drive !
Entrepreneurs et Argent ou comme sur un air de S. Gainsbourg : « Je T’Aime…Moi Non Plus! »
Posté par JN dans Entrepreneuriat le 2009/10/21
« Trois choses sont absolument nécessaires : premièrement de l’argent, secondement de l’argent, troisièmement de l’argent. » [Jean-Jacques Trivulce : Réponse à Louis XII]
Ne tournons pas autour du pot, l’une des principales problématiques pour un entrepreneur est le financement de son projet.
Cependant, ce besoin « vital » est clairement mis en perspective face au désir d’indépendance. Ce que nous pouvons schématiser ainsi : (merci à MD pour la réalisation et Indexed pour l’idée)

Comment agir pour rester libre (ce qui implique de ne pas faire entrer de fonds d’investissement dans votre capital), tout en étant financé ?
Les banques, me diriez-vous ! Mais les prêts sont assez difficiles à obtenir et parfois très coûteux, au final.
Que faire donc ? (hormis: « Si vous avez un problème, si vous êtes seul, si personne ne peut vous aider, si vous êtes acculé, si la justice ne peut plus rien pour vous, il vous reste un recours, un seul: l’Agence tous risques. »)
Une seule réponse le « LOVE MONEY »
Le « love money » (ou en bon français « l’argent de l’amour ») est une expression canadienne (ou en bon québécois « l’épargne affective de proximité ») désigne les fonds que vous pouvez récupérer en faisant participer vos amis, votre famille, votre boulangère, vos voisins ou n’importe laquelle de vos connaissance, au capital de votre entreprise.
Rien de très compliqué dans le concept mais pas toujours évident de concrétiser cette souscription au capital de votre société.
Ils vous aiment, vous chérissent mais vous donner de l’argent, même sous certaines contreparties, c’est une autre histoire.
Il va de soi, qu’il est préférable, qu’ils adhérent complètement à votre projet – que vous aurez présenté de manière claire et rigoureuse, à l’aide d’un business-plan professionnel, incluant des projections financières ainsi que toutes les réponses à leurs potentielles questions.
Depuis la Loi Dutreil (Loi pour l’initiative économique), certains arguments fiscaux, peuvent étayer votre discours.
1. Les personnes qui investissent dans le capital de sociétés non cotées, lors de leur création ou au cours de leur développement, bénéficient d’une réduction d’impôt égale à 25 % des versements effectués, versements plafonnés à 20 000 euros pour un célibataire, et de 40 000 euros pour un couple marié.
2. Les personnes physiques qui ont souscrit, en numéraire, au capital d’une société non cotée, déclarée en cessation de paiement dans les 8 ans suivant sa constitution, peuvent bénéficier d’une déduction égale au montant de leur souscription. La déduction est limitée annuellement à 60 000 euros pour un couple marié et 30 000 euros pour les autres contribuables.
Deux mises en garde : l’une, tiré du sens commun et l’autre d’un sérial entrepreneur de 84 ans !
1. Du moment que vous faites intervenir de l’argent dans vos relations, les règles du jeu en seront chamboulés. Soyez prévenus et sur vos gardes.
Et surtout, gardez en mémoire et faites leur garder en mémoire qu’investir dans une jeune entreprise est un pari risqué et parfois, non fructueux. (Acceptation de l’échec et de la perte)
2. Préférez le « love money » dans toutes les circonstances : tant à la création que dans une augmentation de capital. Pour le premier cas, afin d’évitez de perdre votre indépendance et 50% de votre capital et dans le second, afin de correctement valoriser votre société et tout ce que vous avez apporté.
PS: Pour les nostalgiques et ceux qui cherchent l’air depuis 3 min!

Les leçons de Lou Gerstner sur l’attitude des entrepreneurs face à leurs objectifs
Posté par JN dans Entrepreneuriat le 2009/10/19
« Celui qui n’a pas d’objectifs ne risque pas de les atteindre. » [Sun Tzu]
Parlons un peu de Louis V. GERSTNER Jr. mais étant entre nous, nous l’appellerons Lou!

Mais qui est donc ce fameux Lou?
Avec ses cheveux blancs, son visage tout rond et son sourire malicieux, on le verrait plus en papy-gâteau qu’en requin HEC/Harvard/Wall-Street, non?
Mais alors, comment peut-il révolutionner ma vie d’entrepreneur ?
Tout simplement, Lou est l’Homme qui a fait IBM et qui a inventé le concept d’ e-business !
Mais, ce qui nous intéresse ici, est simplement une anecdote de son passé! Revenons aux origines, en 1972, pour être précis.
Lou était en train de tondre sa pelouse quand se produisit un terrible accident : il se coupa partiellement les deux doigts de la main droite. Tondre une pelouse en 1972 n’était pas une partie de plaisir : pas de petits tracteurs ou de tondeuse autotractée !
On raconte qu’au moment où le chirurgien rattachait les doigts de Lou à sa main, Lou lui demanda apparemment de bien vouloir se dépêcher un peu. Pourquoi ? Parce qu’il avait une réunion le lendemain.
C’était certainement une réunion très importante…mais était-elle aussi importante que les deux doigts de sa main droite ?
Et un entrepreneur se doit d’avoir un état d’esprit similaire à celui de Lou. Bien entendu, je ne dis pas que la fin justifie les moyens simplement qu’un entrepreneur se doit d’être plus un être obstiné et monomaniaque (proche d’un Machiavel) qu’un hybride issu d’un croisement entre un petit Poney et un Bisounours.
Quelles sont donc les leçons à tirer de l’expérience de Lou ?
1. Détermination
Il faut toujours avoir un objectif défini avec clarté et précision, délimité et restreint. Il est impératif de posséder un leitmotiv puissant et fort – afin d’éviter le business-blues de l’entrepreneur : merci @bibear, pour son post – i.e. la réponse au fameux « je sais où je vais », propre à tout bon entrepreneur.
2. Focalisation
Un seul et unique objectif sur lequel l’entrepreneur doit rassembler toutes ses facultés intellectuelles et physiques. Ne pas se disperser, ne pas s’éparpiller, ne pas avoir une multitude d’objectif secondaires.
3. Dévotion
L’entrepreneur se doit d’être entièrement dévoué à son objectif, d’une application rigoureuse, quasi monastique et ce, quelque soit, le cycle de sa motivation. Et croyez-moi, tout ne sera pas rose, tout ne sera pas simple
Remerciez Lou pour l’anecdote et bien qu’en travaillant sans relâche, ne perdez jamais de vue votre objectif.
Et pendant ce temps, doucement, l’entreprise-mystère avance…
Posté par JN dans Entrepreneuriat le 2009/10/11
« Le génie c’est 1% d’inspiration et 99% de transpiration » [Thomas Edison]

- 480 heures de réflexion (voire plus…)
- 203 heures d’écriture/lecture/re-lecture/re-écriture
- 86 slides (réparties sur les différents sujets)
- 32 versions du Business Plan
- 14 plans de secours
- 7 personnes
- 6 heures de réunion (demain!)
- 3 co-fondateurs
- 1 idée de génie (et de niche)
- 1 LTD
- 0 £ (Bootstrap Power!)
Pourquoi toute jeune Entreprise a besoin d’un Rainmaker?
Posté par JN dans Entrepreneuriat le 2009/10/09
« You know what a Rainmaker is, kid? The bucks are gonna be falling from the sky » [The Rainmaker - 1956]

Un Rainmaker, dans les tribus amérindiennes, était une personne désignée (souvent avec de forts pouvoirs spirituels) qui pratiquait la danse de la pluie, cette cérémonie dansée et chantée, qui était entreprise dans le but d’appeler la pluie, afin d’assurer la survie de la tribu.
De manière plus prosaïque, un Rainmaker (ou « faiseur de pluie », en bon français) est, pour une jeune entreprise, la personne qui peut faire toute la différence.
Elle est celle qui va amener des contrats (inattendus pour la plupart), qui va ramener de l’argent dans les moments critiques, celle qui va permettre de se connecter (« networker ») avec de nouveaux prospects ou mieux de potentiels investisseurs…
Le Rainmaker est « l’artiste qui fait des miracles » (Merci à Guy K., pour la formulation) ; il est celui qui va permettre aux clients de dépasser la résistance afin qu’ils achètent. C’est l’étincelle de l’évangélisme !
Chers entrepreneurs, ne négligez pas votre « Rainmaker », cherchez-le dans vos rencontres, dans les proches de vos proches, dans les petits papiers de vos investisseurs, chassez-le sur la toile et les réseaux sociaux,…
Et quand vous trouvez la perle rare, chérissez et soignez-la !
Et pour les plus curieux/cultivés d’entre vous, « The Rainmaker », c’est aussi :
– Un film de Joseph Anthony (1956), avec Burt Lancaster, Katharine Hepburn.
– Un roman de John Grisham (1995)
– Un film de Francis Ford Coppola (1997), avec Matt Damon, d’après Grisham.
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